Alphonse de Lamartine , un turcophile romantique

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A  l'occasion de l'inauguration du Collège Samuel Moorat à Sèvres en 1848,, Alphonse de Lamartine 

prononce un discours où il ne tarit pas d'éloges pour le Sultan ottoman Abdulmedjit pour son

Edit de 1839 garantissant la vie et la propriété de tous les sujets ottomans.

Notons que ledit édit est malheureusement resté lettre morte justifié par des événements

ultérieurs.

Pour Lamartine l'ère du sultan Abdulmedjit était le début d'une période de générosité et 

d'espoir pour les peuples non musulmans de l'Empire ottoman.

Mais l'Histoire a démenti le rêve du poète à l'égard des Turcs.

Lors de son voyage en Orient Lamartine visite le Saint Sépulcre à Jerusalem et il relate ses 

impressions dans "Voyage en Orient" :

"Possesseur par la guerre du monument sacré des Chrétiens , ils (les Turcs) ne le détruisent pas (ils se rattraperont avec le génocide des Arméniens, ndlr), ils le conservent et maintiennent un ordre, une révérence que les communautés chrétiennes qui se le disputent sont bien loin de garder elles- mêmes.

Sans les Turcs,ce tombeau convoité par les Grecs et les Latins (il  omet les Arméniens, note du rédacteur) aurait

déjà été un objet de lutte entre communautés haineuses et rivales.

Je ne vois pas là, de quoi accuser et injurier les Turcs.

Partout où le musulman voit l'idée de Dieu, il s'incline et il le respecte (tels les Turcs en Arménie

occidentale et les Azeris en Artsakh,note du rédacteur). C'est le seul peuple tolérant.

Que les Chrétiens s'interrogent et se demandent, de bonne foi, ce qu'ils auraient fait si la 

destinée de la guerre leur avait livré la Mecque".

Alexis de Tocqueville décrit Lamartine dans  dans ces termes;

"Je n'ai jamais connu d'esprit moins sincère, ni qui eut un mepris plus complet pour la verité" , (dans

"Les souvenirs" en 1893).

 

Zaven Gudsuz  zaven471@hotmail.com  (ancien élève des collèges mekhitaristes d'Istanbul & de Sèvres)

diplômé d'économie de l'Université de Nantes en France

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Lamartine a découvert le Levant en 1832. A son retour en France, il s'érige en porte-parole de la cause ottomane. Après sa défaite face au prince Louis-Napoléon Bonaparte en 1848, il décide de partir en Orient, où le sultan ottoman Abdülmecid lui octroie un grand domaine agricole, Burgaz Ova, la "Limagne d'Asie". En qualité d'exploitant agricole, Lamartine se lance, à l'âge de 60 ans, dans l'aventure de la vigne, songeant même à faire venir des familles de vignerons du Mâconnais. Mais faute de capitaux, ses projets échoueront. C'est cette période peu connue que l'auteur analyse ici.

  • Date de publication : 15 juin 2016
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  •  – format : 13,5 x 21,5 cm • 196 pages
  • ISBN : 978-2-343-08709-2
  • EAN13 : 9782343087092
  • EAN PDF : 9782140012877

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 J'ai constaté la nécessité de m'expatrier pour gagner ma vie à l'étranger?Ma prédilection et mes affections pour les Ottomans, connus de veille date et l'appréciation dûment acquise au cours de mon voyage, de leur qualité morale- ainsi qu'en font foi les livres où je les ai consignés avec de vifs éloges- vous sont connus. J'éprouve donc le désir d'aller m'installer parmi eux?Je voudrais donc, sa Majesté impériale daignant me faire le don d'une propriété, y créer une ferme dont je dirigerai l'exploitation."

 

Le sultan concède un domaine à Lamartine. 

 

« "Si mon pays ne veut plus de moi, je ne lui reproche ni injustice, ni inconstance, ni ingratitude ; je le remercie de me congédier et je passe avec joie au service d'un meilleur maître."

 

source : V.S.

 

 

source : l'Harmatan

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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