La photo-journaliste Armineh JOHANNES

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A propos de la Photographie d’Armineh Johannes :

« Hovsep viens vite j'ai trouvé Armineh » cria-t-elle à son mari. C';était au cimetière de Spitak.
Mariam avait perdu trois filles lors du tremblement de terre de 1988. L'une d'elles était Armineh –
mon homonyme.

C'était la première fois que je mettais le pied sur ma terre ancestrale, en
décembre 1989, un an après le tremblement de terre dévastateur en Arménie. Le cimetière était
plein de gens en deuil ; les larmes aux yeux, j';ai commencé à prendre des photos des trois pierres
tombales gravées de ses filles, quand elle s'est approchée de moi en sanglotant et m"a demandé
comment tu t'appelles &quand j'ai dit que je m'appelais Armineh, c'est à ce moment-là qu'elle
s'est précipitée pour me serrer dans ses bras et appela son mari en lui disant « viens vite j'ai
trouvé Armineh ».

Nous nous sommes longuement embrassés en pleurant tous les deux. C'est à
ce moment-là que j'ai réalisé que je ressentais un lien profond avec cette terre et les gens. Au fil
des années de mes voyages dans divers pays du Moyen-Orient documentant leur vie à travers
mes photos, je savais que les photos que j'avais prises en Arménie étaient différentes et
montraient mon lien profond et indéniable avec le peuple arménien.

Je crois que l'on prend les meilleures photos lorsque le sujet nous tient à cœur. Je pense que je suis tombé amoureuse de ces
gens – j'ai ressenti de la passion, de la compassion, et de la sympathie pour eux. J’ai passé
beaucoup de temps avec ceux que j'ai photographiés et pour certains d’entre eux, je leur ai rendu
visite pour les années à venir.

Dans chaque ville et village, même lorsque les gens avaient des
moyens de subsistance très modestes, leur hospitalité, leur générosité et leur chaleur étaient
remarquables et sincères. J'ai pris des photos de leur vie quotidienne – à travers ma photographie
humaniste, j'ai essayé de montrer leur humanité, leurs défis, leurs angoisses, leurs force, leurs
frustrations, leurs bonheurs et leurs peines et tristesse. Même si je ne suis pas née en Arménie,
j'avais l;impression de connaître ces gens, comme s'ils étaient tous des membres de ma famille.
Je crois que ce sentiment était réciproque, car même dans les circonstances les plus difficiles –
lorsque j'ai pris des photos dans les tranchées pendant la première guerre d'Artsakh (Karabagh),
lorsque des tirs de snipers volaient au-dessus de nos têtes, les combattants se faisaient un devoir de
me protéger.

J'ai vécu des expériences dans ce pays qui, bien qu'elles soient parfois surréalistes et
kafkaïennes, ont été parmi les meilleures, les plus uniques et les plus inoubliables de ma vie.

Je me souviens que l'état d'urgence avait déjà été déclaré en Artsakh en 1988 ; J'ai fait mon premier
voyage en Artsakh en 1989-90 ; les autorités arméniennes ont cédé à ma demande persistante de
vouloir voyager là-bas et m'ont fourni le passeport de quelqu'un d'autre (un passeport soviétique).
Un combattant robuste, nommé Avo, a été chargé de m'accompagner et de s'assurer que je serais
en sécurité. L'avion Yak-40 partant d'Erevan, de l'aéroport d'Erebouni était complet ; les sièges
n'avaient pas de ceinture de sécurité, et il y avait un mélange de dizaines de valises, quelques
poulets et coqs qui remplissaient l'allée, laissant à peine de la place pour se tenir debout.

Je me tenais à côté de Kariné – une jeune fille dans la vingtaine. Elle m'a regardé et m'a dit : « tu peux
t'asseoir sur mes genoux ». Surprise mais touchée par cette offre extraordinairement gentille, je lui
ai dit que je ne pensais pas que c'était une bonne idée car le voyage durait environ une heure et
demie et ses jambes commenceraient à lui faire mal si je restais assise sur ses genoux pendant si
longtemps. Elle a insisté, et finalement j'ai accepté, en lui disant de me prévenir dès qu'elle
sentirait qu’elle en avait assez. Tout au long du voyage, je lui ai demandé plusieurs fois si elle
allait bien et si je devais me lever, mais elle m'a assuré que tout allait bien et que je n'avais pas à
m'inquiéter. Je me suis dit dans quel autre pays dans le monde entier pouvait-on voir quelque
chose comme ça? Tant de compassion, d'amour, de gentillesse et d'altruisme….. Mon histoire en
Arménie dépeint la vie de ces gens – des gens qui ont une générosité exemplaire ;.

C’est l’histoire

de la survie pour des gens qui ont enduré des jours difficiles tout au long de l'Histoire – génocide,
déportations, perte de terres, perte de leurs maisons; malgré tout, ils continuent à se tenir forts
comme les montagnes qui les entourent, fiers, s’appuyant sur leur foi, et toujours en regardant à
l’avant, en quête des meilleurs jours."

Biographie
Armineh Johannes, est née à Téhéran, en Iran. Elle a grandi en Iran et a terminé ses études
secondaires et universitaire en Angleterre, puis est retournée en Iran où elle a travaillé avec
UPITN, CBS, la télévision ABC pendant la révolution. En 1979, avec quatre autres partenaires,
elle a commencé à publier le quotidien anglais "Tehran Times", qui a ensuite été repris par les
autorités de la République Islamique. À l'été 1980, juste avant la guerre Iran-Irak, elle s’installe
en France, étudie le français à Vichy avant d’aller à Aix-en Provence, où elle obtient la Licence
d'Histoire à l'Université d'Aix-Marseille.
Son intérêt pour la photographie a commencé à l'âge de 12 ans lorsqu'elle a reçu en cadeau un
appareil photo instamatic. C'est en 1987 qu'elle débute sa carrière de photographe avec son
premier voyage au Maroc, dans le Haut Atlas. En 1989, un an après le tremblement de terre en
Arménie, elle s'est rendue en Arménie pour la première fois, et depuis, elle a fait des dizaines de
voyages aux quatre coins de l'Arménie, dépeignant la vie des Arméniens. En 1997, elle séjourne
dix mois en Arménie et y poursuivi son travail documentaire. Elle considère son travail sur
l'Arménie comme l'un des plus enrichissants dans lesquels elle s'est engagée. En 1989-90, elle
commence à faire des voyages dans l'enclave d'Artsakh (Haut-Karabakh), couvrant la première
guerre du Haut-Karabakh, et se rend dans les villages arméniens de Guetashen, Shahumyan (nord
de l'Artsakh) juste avant l(opération Ring en 1991.
Elle travaille comme photographe indépendante, mais son travail a été distribué par les agences
Sipa et Corbis. Elle collabore au magazine Nouvelles d(Arménie regulièrement. Sa quête de
photographie humanitaire et sociale l(a menée à voyager en Géorgie, au Tadjikistan, en
Ouzbékistan, en Syrie, au Liban, en Jordanie, en Égypte, aux Emirats Arabes Unis et dans son
pays natal, l'Iran, ainsi qu'en Grande-Bretagne. Le travail d'Armineh Johannes sur l'Arménie et
39;autres pays ont été largement publiés dans la presse internationale.

Quelques Parutions:
https://www.lemonde.fr/archives/article/1991/02/09/armenie-1990_4012447_1819218.html
http://iranian.com/Arts/2002/April/Armineh/
file:///C:/Users/Armineh/Desktop/Photos%20-
%20small%20selection%20for%20publishers/photography%20magazine%20-
%20octobre%201990%20-%20Armineh%20Johannes.pdf
(photography Magazine)
http://oduphotography.blogspot.com/2014_09_01_archive.html
(CNEWA)

file:///C:/Users/Armineh/Desktop/Photos%20-
%20small%20selection%20for%20publishers/Serjanian%20Gallery-
%20armineh%20Johannes.pdf
(Serjanian Gallery)
file:///C:/Users/Armineh/Desktop/Photos%20-
%20small%20selection%20for%20publishers/photo%20reporter-%20armineh%20Johannes.pdf
(photo reporter)
file:///C:/Users/Armineh/Downloads/Johannes.pdf
https://fineartphotoawards.com/winners-gallery/fapa-2014/professional/people/hm/662
https://cnewa.org/?s=armineh+johannes
http://www.photography-news.com/2010/07/photo-of-day-armenia-elderly-and-war.html

Expositons:
1990- Associacao Cultural de Fotographia e Cinema de Braga, Portugal, exposition collective
1990- Rencontres Int.’l de la photographie – Arles, exposition collective (dotation Photo Service)
1990 Centre Culturel Armenian à Paris- exposition sur l’Arménie
1991 Au journal « Le Monde » à Paris – exposition sur l’Arménie
1991 Centre Culturel Sahag Mesrop a Marseille, exposition sur l’Arménie
1992 FNAC – “Snapshots » – les nouvelles tendances du reportage- Paris- exposition collective
2006 Serjenian Gallery – Armenian Library & Museum of America – USA
2017 – Exposition dans les locaux du Parlement d’Arménie.

Prix:
-1er Prix de la Galerie d’Essai (Rencontres Internationales de la Photographie) à Arles, France ;
-4ème Prix- de compétition photos noir et blanc dans ‘Photographies Magazine’
-1 er Prix de CNEWA (Catholic Near East Welfare Organization) concours photo- USA,
-1 er Prix, de AFFMA (ARPA Foundation for Film, Music & Art) USA.
-2 ème Grand Prix Care International du reportage humanitaire: jury composé de professionnels
de la presse, pour son travail sur les Orphelinats d'Arménie.
-Mention honorable à l' American Photo Images of the Year Competition &; Prix dans la catégorie
& People Nominee & de FINE ART PHOTOGRAPHY AWARDS- 2014
-Magnum Photography Awards 2017 – Editors’ Pick
(https://www.facebook.com/BBCCulture/photos/a.878051795666194/878051812332859/?type=

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