Smyrne (Izmir) le 8 septembre

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VOYAGE A SMYRNE

Episode 2

Commémoration du centenaire

De la « Grande Catastrophe » d’Asie mineure

1922-2022

Pour rappel.

A la fin de la première guerre mondiale, l’Empire ottoman est vaincu et moribond. De 1919 à 1922, les Grecs entreprennent alors une guerre contre les Turcs. Leur défaite aboutira, entre autres, à la perte de Smyrne (Izmir aujourd’hui) ville à majorité grecque et port cosmopolite de la mer Egée, une des destinations de la route de la soie. Un quartier arménien se trouve dans la ville où se sont réfugiés de nombreux Arméniens après le génocide de 1915. Les Grecs nomment cette période la « Grande Catastrophe ».

 

Carte smyrne.jpg

 

Le vendredi 8 septembre 1922

« Les autorités militaires grecques et la police ayant quitté la ville, il y règne une totale anarchie. A l’instigation du Consul général Graillet, un corps de milice français avec brassard tricolore est formé. Leur première tâche fut de ramasser les armes que les soldats grecs, dans leur hâte d’embarquer, avaient abandonnées et qui jonchaient la ville.

Des bandes supplétives de l’armée turque, mi-soldats, mi-brigands, rôdent autour de la ville et pénètrent la nuit dans les faubourgs créant un grand sentiment d’insécurité. Ces Tchété, souvent des criminels libérés de prisons, sont des pillards redoutés pour leur cruauté et leur comportement impitoyable.

Le directeur du collège d’Alexander Mac Lachlan à Paradisio obtint la protection d’une vingtaine de soldats. Une deuxième escouade vint se poster devant les propriétés américaines avec la recommandation de ne collaborer en aucun cas avec les Alliés contre les Turcs. La plupart des épouses avaient été regroupées à bord des navires en rade. De même, les Britanniques débarquèrent 200 soldats pour garder la caserne des pompiers, le bureau du télégraphe, le consulat où le personnel s’employait à fournir des passeports à leurs ressortissants que l’on encourageait vivement à embarquer.

Dans l’après-midi, les Arméniens commencèrent à fermer leurs maisons pour se regrouper dans la cour de l’église Sainte-Stéphanie. Il semble que la présence des navires de guerre dans la rade continuait à rassurer les Smyrniotes. Le calme régnait dans la ville, ls grands magasins, les boucheries, les boulangeries, restèrent ouverts. Les brasseries connaissaient leur fréquentation habituelle, car on était convaincu que l’armée turque, dont l’arrivée semblait imminente, aurait à cœur de montrer un comportement exemplaire. »

D’après l’ouvrage de Louis François Martini « Le Crépuscule des Levantins de Smyrne » Etude historique d’une communauté.

source : A.E.P.
 
photo : D.R.
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