Smyrne (Izmir) le 12 septembre

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Les derniers jours de Smyrne

Le 12 septembre 1922

« La ville compte, avec les réfugiés, environ 500 000 habitants, les vivres commencent à manquer car il n’y a aucun apport ni de l’intérieur de la région ni de l’extérieur. Les navires d’évacuation grecs étant partis, il est impossible de s’échapper de Smyrne sauf pour les étrangers. Grecs et Arméniens abandonnés étaient pris au piège.

Dans la zone européenne, l’ordre a été rétabli, il n’y a plus de coups de feu et les patrouilles ont mis fin aux pillages. Dans le quartier arménien, des cadavres jonchent les ruelles et le seuil des maisons. Les 5000 Arméniens qui s’abritaient à l’intérieur de l’archevêché dans des conditions sanitaires épouvantables étaient dans une situation critique. Un prêtre italien vint les assurer qu’il avait obtenu la permission de mener tout le monde sur le quai, sous la protection de marins français, mais à condition que les armes soient laissées sur place et que les évacués acceptent d’être fouillés. Dès qu’ils sortirent, la fouille devint prétexte à les dépouiller. Ils se mirent en route sous la protection d’une compagnie de marins français, mais ils étaient à la merci des irréguliers turcs qui les harcelaient.

Quelques chanceux trouvèrent refuge dans les consulats français et italien, la majorité ne put que s’asseoir par terre sur les quais.

Les familles Whitall et Giraud étaient maintenant en sécurité à bord de navires britanniques, abasourdis, ils n’arrivaient pas à comprendre ce qui leur arrivait. Ceux qui s’étaient réfugiés sur l’île Longue étaient retournés en ville. Là ils comprirent que l’armée turque avait perdu sa belle discipline, la violence s’était généralisée et l’anarchie ne faisait que s’amplifier.

Ce jour, le Lamartine étant arrivé, beaucoup de familles prirent place à bord. »

D’après l’ouvrage de Louis François Martini « Le Crépuscule des Levantins de Smyrne » Etude historique d’une communauté.

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photO: D.R.
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