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Luxe et Joaillers à Yerevan en Arménie

Le 27/12/2014 | Par | Catégorie: FASHION LUXE & CADEAUX



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Joailliers Arméniens

Je représente l’Association des Joailliers Arméniens, une association internationale regroupant plus de 3000 membres, de Sydney à Los Angeles, comprenant les métiers de la joaillerie, de la taille et le commerce des pierres précieuses et de l’horlogerie.

Je viens d’une famille liée au monde horloger depuis plusieurs générations, c’est donc avec surprise que j’ai découvert l’importance des arméniens dans le secteur de la joaillerie, une fois rentré dans l’association. C’était au salon international de Las Vegas, où exposent plus de 100 sociétés dirigées par des Arméniens d’origine. J’étais surpris de voir dans le hall des créateurs joailliers pratiquement que des arméniens.

 

Certains métiers sont liés à des peuples, et s’il y a un métier arménien par excellence, c’est assurément celui de la joaillerie. Comme les Perses maîtrisent le travail du tissage de tapis, les arméniens maîtrisent depuis la nuit des temps, le travail de l’or et des métaux précieux.

Avant de parler du secteur de la joaillerie en Arménie, j’aimerais apporter un témoignage personnel.

En 2001, en association avec une marque de la haute horlogerie suisse, j’ai fondé la société horlogère Armenian Watch Industries.Je suis allé en Arménie pour m’occuper personnellement de l’installation des ateliers d’assemblage et du recrutement des cadres.

 

Il s’agissait de mon premier voyage en Arménie ; je fus impressionné par le pays, les gens, et particulièrement par la qualité des ressources humaines.

La première chose qui m’a frappé, était le niveau d’éducation et la vivacité des gens. Les gens en Arménie ont une culture générale très riche, et sont futés. L'Arménie a bénéficié du bon niveau de culture et d’éducation de l’Union Soviétique; la culture, les livres, le théâtre, l’opéra étaient très accessibles à cette époque; et dans le contexte soviétique, les arméniens ont dû développer un instinct de survie.

Dans mon parcours professionnel, j’ai créé plusieurs sociétés. L’année précédant ma visite en Arménie, j’avais entrepris une opération similaire en Asie, et la différence de l’Arménie était flagrante. En effet, c’est très appréciable d’avoir un interlocuteur qui vous comprend du premier coup. Et puis, les gens en Arménie sont ingénieux.

On rencontre souvent des problèmes techniques lors de l’assemblage d’une montre ; un cadran trop épais ou trop fin d’un dixième de millimètres bloque la fabrication. Là, les gens en Arménie ils sont champions pour trouver la solution. Ils sont simplement extraordinaires.

Pour revenir au domaine de la joaillerie, historiquement, que ça soit dans l’Empire Ottoman ou l’Empire Russe, les Sultans et le Tsars faisaient appel principalement aux joailliers arméniens.

L’Union Soviétique avait bien vu ce talent chez les arméniens, et a focalisé en Arménie l’industrie de joaillerie et de la taille de

diamants.          Le «fauteuil en diamant» est le plus élaboré des trônes royaux appartenait au tsar Mikhaïl Mikhaïlovitch.

Le trône a été fabriqué par des artisans Arméniens de Perse et offert au tsar par une délégation de marchands de la compagnie de commerce arménienne en 1659

Le trône est fabriqué en bois de santal, orné de feuillets d'or et d’argent.

A l’époque soviétique, Le Yerevan Jewellery company employait 2000 personnes, et 2000 autres personnes travaillaient dans la taille de diamants.

Actuellement il existe en Arménie six sociétés de tailles moyennes, qui emploient entre 100 et 200 Personnes. Il existe des ateliers plus petits, puis un centre commercial dédié exclusivement à la bijouterie où travaillent 7000 personnes, composées d’artisans et de commerçants.

Il doit y avoir environs 15 000 personnes qui travaillent dans le secteur de bijouterie en Arménie, mais le nombre importe peu.

Les Arméniens sont habiles de leurs mains, que ça soit dans la bijouterie et plus généralement dans les métiers d’art.

Afin de développer les activités du secteur en Arménie, notre association a entrepris un projet de zone franche industrielle dédiée à la joaillerie.

Pour la réalisation de ce projet un complexe immobilier a été acheté par la société Meridian Free Economic Zone, une société à capital privé. Ce complexe comprend plusieurs bâtiments cumulant 50 000 m² de locaux, sur 15 hectares de terrain, situés à 20 minutes à pied du centre-ville d’Erevan. Au mois d’octobre, a eu lieu dans ces locaux l’exposition de bijouterie « Yerevan show »

Le but de ce projet est de créer une plateforme unique pour des entreprises de fabrication des bijoux, de tailleries de diamants et l'horlogerie, avec des infrastructures et des services appropriés.

Nos objectifs sont :

 

• Créer des lieux de travail et des nouveaux emplois

• Augmenter les revenus des employés du secteur.

• Augmenter le revenu national en élargissant le volume des exportations

• Former la jeune génération

• Apporter des technologies avancées et un savoir-faire notamment en terme de gestion

• Faire de l'Arménie l'un des pôles de l'industrie joaillière

 

 

L’Arménie présente les avantages suivants

 

• l’accord de libre-échange avec les pays membres du marché de l'Union Economique Eurasienne, qui donne accès à l’Arménie à un marché de près de 200 millions de consommateurs.

• L’Arménie se trouve en Europe ; Elle offre le label « Made in Europe », elle est proche à la fois géographiquement et culturellement.

• Un coût de main-d’œuvre actuellement plus bas qu’en Asie, pour des travailleurs aussi qualifiés que dans les pays occidentaux. Le salaire moyen d’un bijoutier est de 300 USD par mois.

• Au niveau fiscal la zone franche présente les avantages de 0% de TVA, d'impôt sur le revenu des sociétés, droits de douane que ça soit des matières premières que la machinerie.

 

Mais il y a encore d’autres avantages. La société russe Alrosa, le deuxième producteur de diamants brut au monde, vend actuellement sa production principalement en Inde, en Chine et en Arménie. Il existe en Russie une taxe de 6.5% sur l’export de diamants brut. Or, depuis le début de 2014, l’Arménie est exonéré de cette taxe, ce qui lui donne un avantage très important. Avec une rotation de 4 fois par an, l’avantage sur le retour du capital pour les sociétés Arméniennes, serait de 26%. Pour vous donner une idée de l’importance du marché, la valeur d’export de diamants dans les années 2000 avoisinait les 250 M USD par an.

 

L’Arménie est un pays facile pour les affaires. Il m’est arrivé de rester bloqué pendant deux heures à l’aéroport de Moscou pour une simple déclaration de douane ; en Arménie la même opération se passe comme une lettre à la poste.

D’ailleurs la Banque mondiale a classé l’Arménie au 45e rang  sur 189 pays pour la facilité d’y faire des affaires. A titre de comparaison avec la France et les autres pays de la région, cette liste classe :

La France            31

L’Arménie          45

La Turquie           55

La Russie             62

L’Azerbaïdjan     80

  • L’Arménie était le carrefour important sur la route de la soie. Colbert, ministre du roi Louis XIV, fonda en 1664 la compagnie française des Indes, spécialisée dans le négoce avec l’Asie. Il nomma un Arménien de la nouvelle Joulfa en tant que son premier directeur.

Aujourd’hui, l’Arménie est entrain de regagner une place importante. Pour exemple, la CIBJO, qui est la Confédération international des associations nationales de joaillerie, va tenir à Erevan son congrès annuel de 2016.

  • Aujourd’hui, il y a des opportunités extraordinaires en Arménie qui peuvent ne plus être la demain.

  • L’Arménie est un pays jeune. Pour quelqu’un qui veut entreprendre en Arménie, à côté de son investissement, il doit apporter son savoir-faire d’entrepreneur, apporter une culture d’entreprise, ses méthodes de management et d’organisation, comme des procédures de travail, de contrôle de qualité etc.

  • Enfin, l’Arménie est un pays agréable pour y vivre, pour ceux qui ont de quoi vivre. J’étais en Arménie il y a deux semaines ; j’ai rencontré ma nièce Anahid. Elle a 22 ans, est de New York et vit en Armenie depuis quelques années. Elle m’a dit « je n’ai pas envie de retourner à New York»…

J’espère qu’avec nos actions, nous ferons en sorte que des filles comme Anahid restent et travaillent en Arménie.

Je félicite l’équipe de la chambre de commerce qui a organisé cette conférence et leur souhaite bonne chance. Ils ont un défi important. Des entreprises en France ont des besoins, et il y a des opportunités en Arménie. Il reste juste à communiquer, et atteindre les personnes décisionnaires ; un travail qui n’est pas facile. Je suis certain qu’avec l’aide de la Coface, d’UBIFRANCE , de la CGPME et du MEDEF, nous obtiendrons des résultats.

Hovel Chenorhokian



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