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Le “40ème jour” de la mort du dernier survivant de l’Affiche Rouge sera-t-il célébré en la cathédrale St Jean Baptiste ?

Le "40ème jour" du décès du dernier survivant de l'Affiche Rouge sera célébré solennelement en la cathédrale St Jean Baptiste 15 rue Jean Goujon 75008 Paris , suivant la tradition arménienne, samedi 22 septembre 2018 à 13 heures par Mgr Vahan Hovhanessian.

Une association, la MAFP, l'avait demandé  à l'évêque de l'église apostolique arménienne. Le sujet était délicat car la FTP-MOI (les résistants) était plutôt d'influence communiste. Mais vers la fin de sa vie, d'après certains proches , le survivant de l'Affiche Rouge disait s'être éloigné du PC .

 

Le 5 août 2018, au lendemain du décès d’Arsène Tchakarian, le président de la République française, Emmanuel Macron envoyait un message de condoléances à la famille. Sur la chaîne de télévision arménienne, le  Président de la République d’Arménie Armen Sarkissian et le Premier Ministre de la République d’Arménie Nikol Pachinian présentaient également leurs condoléances aux proches d’Arsène Tchakarian.

Le 14 août 2018, le jour des obsèques d’Arsène Tchakarian, l’association MAFP a reçu un message des condoléances du Ministre de la Diaspora d’Arménie Mkhitar Hayrapetyan accompagné de l’hommage à Arsène Tchakarian rendu par Taline Durman au cimetière d’Ivry, au nom de l’association MAFP.

Ministre de la Diaspora d'Arménie pour Arsène

Hommage à Arsène lors de ses obsèques (2)

le film des obsèques : https://youtu.be/OTanSQZLMh8

l'article du Monde :

Avec la mort d’Arsène Tchakarian le samedi 4 août à l’âge de 101 ans, disparaît le dernier survivant du groupe Missak Manouchian, dont 22 membres furent exécutés par les nazis le 21 février 1944 au Mont-Valérien. Après le décès d’Henri Karayan, le 2 novembre 2011, à Paris, à l’âge de 90 ans, celui d’Arsène Tchakarian renvoie la mémoire et la relation précise de cet épisode, à la fois magnifié et propice à certaines polémiques, à la seule responsabilité des historiens. 

Il y a peu, Arsène Tchakarian, alerte nonagénaire, recevait encore au rez-de-chaussée de son pavillon de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) donnant sur un petit jardin. Là, au milieu de livres et de documents, il rappelait avec fougue l’action du groupe Manouchian dans la Résistance. Jusqu’à la fin de sa très longue vie, il n’aura cessé d’apporter à ce sujet son témoignage personnel, intervenant dans les établissements scolaires – où il a tenu des centaines de réunions depuis le milieu des années 1960 –, les institutions civiles et militaires, les émissions de télévision et de radio et bien sûr les commémorations annuelles.

Ses souvenirs par écrit

Il a aussi réuni par écrit ses souvenirs dans plusieurs livres : d’abord Les Francs-Tireurs de l’Affiche rouge (Ed. sociales, 1986), puis Les Fusillés du Mont-Valérien (Ed. Comité national du souvenir des fusillés du Mont-Valérien, 1991) et enfin, avec Hélène Kosséian, Les Commandos de l’Affiche rouge (Ed. du Rocher, 2012). De manière significative, ce dernier ouvrage a pour sous-titre La Vérité historique sur la première section de l’Armée secrète. Son dixième chapitre revient en effet sur la polémique suscitée en 1985 par la sortie du documentaire Des terroristes à la retraite, de Mosco Boucault.

Arsène Tchakarian rejette la thèse de ce documentaire selon laquelle le groupe Manouchian aurait été « lâché », voire « sacrifié » par la direction clandestine du Parti communiste. Il assure être…

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La cérémonie :

Des politiques (le maire-adjoint de Meudon Léon Hovnanian) , des amis, ont assisté le mardi 14 août 2018 aux obsèques d’Arsène Tchakarian, le dernier survivant du groupe Manouchian de "l'Affiche Rouge". Cette cérémonie a été ponctuée de prises de parole de politiques, d'amis , d’associations d’anciens combattants (Taline Durman , Jacques Deyirmendjian) et de chants (Léo Ferré-Louis Aragon, Aznavour). Tous ont salué l’engagement de ce Résistant et son itinéraire de rescapé du génocide, accueilli en France .

Dans la foule Télémaque Kahvessian président des disques DOM.

Ci-dessous l’hommage de la ministre de la Défense.

Obsèques de M. Arsène TCHAKARIAN, Résistant.

Cimetière parisien d’Ivry-sur-Seine

Mardi 14 août 2018

Madame,

Mesdames et messieurs les élus,

Mesdames, Messieurs,

[Je souhaite tout d’abord transmettre aux proches d’Arsène TCHAKARIAN mes sincères condoléances.]

[Je tiens également à remercier l’ensemble des personnes présentes, et en particulier les porte-drapeaux, les anciens combattants, les militaires, Monsieur CHARLET, Directeur-adjoint de l’Organisation nationale des anciens combattants et des victimes de guerre ainsi que Monsieur SEBTON, conseiller mémoire de Madame la Secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées.]

[Je vais à présent lire le message que Madame Geneviève DARRIEUSSECQ, Secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées a souhaité adresser en l’honneur d’Arsène TCHAKARIAN.]

Je rends hommage en ce jour à Arsène TCHAKARIAN, Résistant, qui nous a quittés à l’âge de cent-un ans ce samedi 4 août, après avoir consacré sa vie au service de la France.

Mes premières pensées, émues, vont vers vous, Madame, et vers les enfants et petits-enfants de Monsieur TCHAKARIAN. La mémoire de votre époux est célébrée par notre pays reconnaissant, mais son souvenir appartient, aussi, à sa famille. Je vous adresse mes plus sincères condoléances, avec tous les agents de l’État dans le département. C’est à l’homme dont la vie suit intimement l’histoire de notre pays que je souhaite rendre hommage aujourd’hui.

Nous sommes en effet réunis dans ce cimetière parisien d’Ivry-sur-Seine, où reposent des camarades de lutte d’Arsène TCHAKARIAN, ses camarades résistants dont il avait fait vœu d’entretenir le souvenir et de faire perdurer le combat.

1. Éléments biographiques et faits d’armes

A. Arrivée en France et engagement militaire

Né en Turquie à l’époque du génocide arménien, Arsène TCHAKARIAN trouve refuge en France, avec sa famille. Nous sommes en 1930, il a alors 14 ans. Sept ans plus tard, il s’engage sous les drapeaux, au sein du 182ᵉ régiment d’artillerie lourde de Vincennes. Mobilisé, envoyé au front dès le 2 septembre 1939, il participe avec bravoure aux combats des Ardennes et de la Meuse, jusqu’à sa démobilisation à Nîmes, le 5 août 1940.

B. Entrée dans la Résistance

Prouvant son amour pour la France, Arsène TCHAKARIAN entre dans la Résistance. En octobre 1942, il rejoint le groupe Manouchian, du mouvement Francs-Tireurs et Partisans – Main d’œuvre d’immigrés, au sein duquel, risquant sa vie, il lutte contre l’occupant nazi.

Après l’arrestation et l’exécution de ses camarades, en novembre 1943, Arsène TCHAKARIAN part à Bordeaux, où il contribue aux opérations préparant le débarquement allié. Enfin, après avoir rejoint le maquis de Lorris des Forces françaises de l’Intérieur dans le Loiret, il participe aux combats pour la libération de Montargis et Paris.

Arsène TCHAKARIAN a voulu se battre pour le pays qui l’avait accueilli, jeune immigré arménien. Sa lutte n’a pas pris fin à la libération, son engagement ne l’a pas quitté et Arsène TCHAKARIAN a entrepris, sans relâche, son œuvre de transmission mémorielle.

2. Après la guerre, une œuvre de transmission

A. Engagé parmi les anciens combattants

Se consacrant tout d’abord à la cause combattante, Arsène TCHAKARIAN s’investit auprès de plusieurs associations d’anciens combattants. Leur présence, nombreuse en ce jour, lui rend un hommage à la hauteur de son engagement. Au sein de l’Association nationale des volontaires, anciens combattants et résistants arméniens, il est trésorier puis président d’honneur. De même, au lendemain de la Libération, il s’associe à l’union nationale et propose ses services bénévoles au Secrétariat d’État aux Anciens combattants, durant vingt-cinq ans.

Arsène TCHAKARIAN fait œuvre, toute sa vie, de transmission. Son témoignage, qu’il délivre lors d’interventions radiophoniques et télévisées, nous est aussi donné à lire dans les ouvrages de mémoire dont il est l’auteur.

B. Dévoué à la jeunesse

Dans son inlassable travail de passeur de mémoire, Arsène TCHAKARIAN sait s’adresser à tous les Français. Il sait particulièrement bien s’adresser à la jeunesse, aux jeunesses de toutes les décennies, dont il souhaite qu’elles tirent les leçons de l’Histoire. Témoin d’un temps marqué par les horreurs humaines, il offre sa mémoire aux lycéens et collégiens, pour qu’ils n’oublient jamais.

Afin que ne soient jamais oubliés, le courage, la force, l’abnégation et le sacrifice de ses camarades combattants et résistants, Arsène TCHAKARIAN parcourt le pays, à la rencontre de ceux qui leur doivent de vivre dans la paix et de demeurer dans la beauté des choses.

3. La République sait ce qu’elle lui doit

Rendant hommage aux membres du groupe Manouchian, Aragon écrit que la mort n’éblouit pas les yeux des partisans. Permettez-moi, au nom de l’État, d’affirmer que la vie d’Arsène TCHAKARIAN a laissé une trace éblouissante pour la nation française. La République reconnaît en cette figure marquante du Val-de-Marne un homme admirable, hors du commun et fervent défenseur de la patrie. Elle l’a d’ailleurs promu Commandeur de l’ordre national de la Légion d’Honneur.

Son dévouement au service de la mémoire laissera une empreinte inaltérable pour les générations futures. Votre présence en nombre et qualité pour ce dernier hommage témoigne de l’émotion, très largement partagée, que suscite sa disparition.

Il nous revient de rendre hommage à l’homme exemplaire qu’il fut, et de faire vivre dans les esprits l’engagement, l’honneur et le dévouement qui ont animé sa vie.

Notre présence est un appel à se souvenir, à perpétuer la mémoire et à faire sienne les valeurs d’Arsene Tchakarian et de ses compagnons.

Parce qu’ils sont des modèles inspirants et parce qu’ils sont des modèles d’engagement, puisse la jeunesse de France découvrir la vie et les combats de ces figures remarquables.

La Résistance demeure une source d’admiration et un exemple d’unité dans l’épreuve. Attachés aux valeurs humanistes, à la dignité humaine, à la liberté, à l’égalité et à la fraternité, nous devons faire vivre encore et toujours l’esprit de leur combat pour que la flamme de la Résistance ne s’éteigne jamais.