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Alice Kanterian fait son cinéma

Le 23/12/2020 | Par | Catégorie: CINÉMA



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L'amabssadeur des USA
&
Alice Kanterian













Le légendaire Festival international du film du Caire à la 42e édition physique en décembre 2020, la présence française, roumaine et arménienne au Hollywood de l'Orient et les Oscars
  Oui, nous l'avons fait à nouveau, choquant probablement les organisateurs de festivals de films en Europe et en Amérique, quelle folie d'oser organiser non seulement un mais deux festivals internationaux en Egypte. Nous nous approchons de Noël et du Nouvel An, la saison des cadeaux. Je vous écris de Brême le 16 décembre et à partir d'aujourd'hui, toute l'Allemagne est en confinement. Il y a 4 jours, je suis rentrée du Caire, à l'atterrissage on ne parlait encore que d'une interdiction de quitter la maison entre 21 heures et 5 heures du matin. État d'urgence comme dans le film "Courfew" pensais-je, au Caire j'avais regardé la première du nouveau film d'Amir Ramsès présenté en compétition officielle.
Il y a deux semaines, je me suis offert un dernier et ultime cadeau cette année, convoité par de nombreux cinéastes et cinéphiles du monde entier, car c'est quelque chose de participer à un festival international du film pendant la pandémie, et même célèbre. J'ai spontanément décidé de participer pour la première fois au célèbre Festival International du Film du Caire / CIFF à l'invitation du directeur du festival Mohamed Hefzy, je venais de rentrer il y a un mois d'un autre festival de cinéma dans le sud de l'Egypte.
 J'étais un peu surprise d'apprendre dans l'interview que Hefzy m'a accordée au Caire, qu'il est un grand admirateur de Cristian Mungiu, à qu'il lui avait proposé le poste de président du jury, en espérant qu'à la prochaine édition il l'acceptera. La Roumanie était présente au Caire avec deux films: "Tipografic Majuscul" réalisé par Radu Jude "dans la sélection officielle hors compétition, et Servants / Servitorii, réalisé par Ivan Ostrochovský, avec Vlad Ivanov dans le rôle principal, coproduit en Roumanie par Oana et Tudor Giurgiu au Caire dans la section Panorama Internationalle. 
La France etait representée par le film «Gagarine», qui a fait partie de la Sélection Officielle Cannes 2020 et fait aussi partie au Caire de la Sélection Officielle. Fanny Liatard et Jérémy Trouilh, réalisateurs et en même temps scénaristes du film se sont rendus au Caire avec leur acteur principal Alsény Bathily. C'est pour Alsény son debut comme acteur, mais il envisage une carrière d'acteur, comme il m'avoue. Iljoue le rôle de Youri, 16 ans, qui a grandi à Gagarine, une immense cité de briques rouges d’Ivry-sur-Seine, où il rêve de devenir cosmonaute. Quand il apprend qu’elle est menacée de démolition, Youri décide de rentrer en résistance. Avec la complicité de Diana, Houssam et des habitants, il se donne pour mission de sauver la cité, devenue son " vaisseau spatial "! 

Un film en noir et blanc est celui du maître russe Andrei Konchalovsky, qui participe au festival avec son nouveau drame "Chers camarades!". Le film est hors compétition. En rôle principal la femme du réalisateur, l'actrice Julia Vysotskaya, née à Nowotscherkassk, ou se déroule aussi l'action du film. Novotcherkassk, Union soviétique, 1962: Lyudmila est une membre fidèle du Parti communiste jusqu'au jour d'une grève à l'usine locale de locomotives électriques. Elle assiste à un massacre – l'armée envoyée par le gouvernement communiste tire sur les manifestants et sa fille est portée disparue. Un autre film comme celui d'Ostrochovský sur l'idéologie communiste et les temps difficiles, ici sous le régime communiste totalitaire en URSS dans la période d'après-guerre.

Un autre grand maître russe Alexander Sokurov a présidé le jury international de cette 42e édition. De la petite rétrospective de ses films présentés au Caire, il a fait partie  "Le Soleil" dans lequel il dépeint une journée dans la vie de l'empereur japonais Hirohito. Mais il est plustot connu pour "Russian Ark", un film que j'ai regardé au Caire. Un vrai chef-d'œuvre et une première en 2002, le premier long métrage tourné en une seule image, copié par la suite par de nombreux réalisateurs. "Russian Ark" dépeint l'histoire et la culture pré-révolutionnaires de la Russie à travers un passage d'une pièce à une autre dans le palais d'hiver, qui fait partie du célèbre musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg. Dans l'interview je lui ai demandé si j'avais bien compris le message du film, "… après la révolution ça s'est terminé avec la culture …", oui j'avait bien compris. Il a ajouté que les objets de valeur, les artefacts de l'Ermitage n'étaient pas parvenus au musée à la suite de confiscations ou de vols commis pendant les guerres comme c'est le cas  d'autres musées célèbres, mais pas dans le cas de l'Ermitage, ici les exponats ont été achetées ou donné au musée. Je n'ai pas manqué l'occasion de connaître son opinion sur la tragédie du peuple arménien en Artsakh / Haut-Karabakh et la position russe. Les Arméniens n'auraient pas dû compter sur l'aide russe et ne pas se battre entre eux, aurait du traverser les divergences internes afin de défendre les frontières, telle était sa réponse. Et revenant au festival, il a dit que c'est un grand honneur de présider ce festival qui a une longue tradition et d'être en Egypte où il n'a pas manqué l'occasion de visiter les pyramides qu'il n'avait pas encore vue. Il a été rejoint au CIFF par le producteur Laurent Daniélou, coproducteur de son film "Alexandra" et l'organisatrice du festival Korinna Daniélou, qui avait invité le réalisateur à son festival VOICES dans la ville russe de Vologda il y a des années, et a aussi organisé une rétrospective Sokurov au Festival du Film Russe en mars 2020 à Paris, et il y a un an une masterclass avec Sokurov.

Du jury présidé par Sokurov font partie le réalisateur allemand Burhan Qurbani, qui a été repéré à la Berlinale 2020 avec "Berlin Alexanderplatz", le producteur égyptien Gaby Khoury du studios Misr International fondés par son oncle, le légendaire réalisateur Chahine, l'actrice mexicaine Naian González Norvind,le réalisateur Brésilien Karim Ainouz et la réalisatrice palestinienne Najva Najjar, dont le dernier film "Entre ciel et terre" était en compétition au Caire en 2019. Elle a annoncé qu'elle travaille actuellement sur la production du film "Kiss of a stranger" un projet très ambitieux, une comédie musicale qui se passe en Alexandrie à la fin des années 30, faisant revivre ces temps passionnants et créatifs avec la collaboration de musiciens, chanteurs et acteurs, intitulée «l'âge d'or».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et il y l'actrice Lebleba qui fait partie du jury, à qui le réalisateur russe, profondément impressionné par l'actrice égyptienne d'origine arménienne, a fait une déclaration émouvante de profonde estime à l'occasion de la cérémonie de remise des prix le 10.12 sur scène.
  
 L'édition en cours s'est tenue du 02 au 10 décembre 2020 dans la capitale égyptienne à l'hôtel Marriott du quartier de Zamalek. Un ancien palais lié à la princesse Eugénie dans le quartier le plus populaire du Caire transformé en hôtel de luxe et géré par un directeur général allemand, Jürgen Sterkau, a accueilli les participants au festival et aux Journées de l'industrie du Caire. Des interviews, des discussions et des pitchs à la recherche de coproducteurs ont également eu lieu ici. L'invitation à participer au festival est un grand honneur, le CIFF est l'un des festivals de cinéma les plus importants et a la plus longue histoire du monde arabe, en Afrique et au Moyen-Orient. Dans les années 1970, l'Égypte avait une industrie cinématographique en plein essor. Mais quels sont les débuts ?
Le critique de cinéma Kamal El Mallakh, qui a assisté à la Berlinale en 1975, décide avec d'autres critiques de cinéma égyptien, à son retour du Festival international du film de Berlin d'inaugurer un festival international du film au Caire. Lors de la première édition, 100 films de 33 pays, dont 14 films de 14 pays en compétition officielle, ont inauguré en 1976 le CIFF. À l'édition actuelle, le nombre a été considérablement réduit: 83 films de 45 pays, 67 longs métrages et 17 courts métrages, 13 premières mondiales, 7 internationales, 52 premières dans la région MENA et 6 premières dans le monde arabe et africain.
Je viens de redécouvrir la capitale de l'Egypte, une première impression il y a deux ans n'était pas du tout satisfaisante. Dans les environs de la place Tahrir, la ville était en déclin, bien que le président Sissi a fait des efforts visibles pour rénover la place Tahrir où les touristes arrivent pour visiter le célèbre musée égyptien. Je n'étais pas allé dans le quartier de Zamalek il y a 2 ans et je ne le connaissais pas, cela semble être le plus beau quartier du centre-ville, ici vous découvrirez des villas en style colonial avec d'immenses parcs et de petits restaurants et de jolis cafés, mais avec des prix élevés . Ici j'ai eu l'occasion de rendre visite à la productrice suédoise Ragnhild Ek chez elle, dans son spacieux appartement avec vue sur le Nil, seul le bâtiment voisin du Vatican est plus proche du célèbre fleuve. Ragnhild EK collabore en tant que consultante avec l'organisation IEFTA de Marco Orsini, qui pour la première fois cette année n'a pas participé personnellement en raison de la pandémie au GFF en octobre, mais au Caire il a osé de revenir. Avec de nouveaux projets, notamment la création de cinémas mobiles dans la région MENA. Le programme du mentorat IEFTA est une initiative qui accompagne le projet du début à la distribution en collaboration avec les réseaux partenaires de l'IEFTA. Le long métrage en post-production "Blanche-Neige" réalisé par Taghrid Abouelhassan et Miral El Fakharany et un documentaire également en post-production "Avant le dernier film" réalisé par Aya Yusuf ont été sélectionnés pour un mentorat au Caire. 

Dans la compétition internationale, la gagnante du trophée Golden Pyramid était Irune Gurtubai, la productrice du film britannique "Limbo" réalisé par son partenaire écossais Ben Sharrock. Lors de la cérémonie de remise des prix le 10.12, le film a remporté deux autres prix, FIPRESCI et le prix Henry Baraka pour la meilleure contribution artistique. Un film sur l'exil, une comédie de type Kaurismäki sur un jeune musicien syrien amené avec d'autres réfugiés sur une île écossaise en attendant la décision des autorités britanniques après avoir demandé l'asile politique. Avec une performance impressionnante du jeune acteur anglo-égyptien, Amir El Masry, présent au Caire, qui fait partie des nouveaux talents britanniques avec Irune Gurtubai et Ben Sharrock qui à leurs tour a été sélectionné pour le BAFTA BREAKTHROUGH UK 2020. Fatigué de regarder des films où les demandeurs d'asile étaient présentés comme des individus impitoyables ou diabolisés, Ben qui connaissait le Moyen-Orient après avoir obtenu son diplôme d'études arabes dont un an à Damas, décide à son retour de Dubai où il a ensuite travaillé avec Irune pendant un an pour une société de production publicitaire, de presenter dans la satire interculturelle "Limbo" sa propre vision humaniste de la façon dont les réfugiés doivent être traités et vus, dépeignant les espoirs et les expériences de 4 réfugiés, dont Omar fait partie, en attente du verdict d'acceptation en tant que demandeurs d'asile politiques au Royaume-Uni.

Ivan I. Tverdovsky a reçu le Trophée du Jury comme meilleur réalisateur pours  "Conférence", son quatrième long métrage. Le film se concentre sur une religieuse qui retourne dans la ville où elle a abandonné sa fille et son mari il y a 18 ans, pour louer une salle de spectacle pour une commémoration. Le spectateur découvre que la femme s'est éloignée de sa famille, après la tragédie qui a eu lieu dans la famille, la perte de son fils abattu par des terroristes tchétchènes il y a des années. Dans son nouveau film, le réalisateur russe tente de guérir un traumatisme national en recourant à une forme de thérapie systémique. Le 23 octobre 2002, l'une des tragédies les plus meurtrières en Russie a eu lieu à Moscou, tuant 130 personnes, lorsqu'un groupe de terroristes tchétchènes masqués, armés de mitraillettes Kalachnikov et de grenades, a pris en otage des spectateurs au théâtre Doubrovka. Parmi les terroristes 18 femmes mêlées en public, vêtues de noir et avec un voile sur le visage, arborant des slogans islamiques, avec des ceintures et des poches pleines de grenades et de matériaux explosifs. Dans le rôle de la religieuse qui demande le pardon de sa fille et se sent coupable de la mort de son fils, l'actrice Natalya Pavlenkova impressionne, récompensée au Caire par le trophée de la meilleure performance féminine.

Le prix a également été décerné ex aequo à l'actrice égyptienne Elham Shahin pour la meilleure performance féminine dans le rôle principal en "Curfew". L'action se déroule en septembre 2013, lorsque Faten, libérée de prison, gagne 24 heures pour se réconcilier avec sa fille Leila, où elle devra passer la nuit, car la circulation est interdite entre 20 h et 6 h du matin, suite à la mise en place de l'état d'urgence. Les parallèles entre le film russe et le film égyptien sont évidents. Ici aussi, la mère et la fille sont séparées a la suite d'une tragédie en famille, ici aussi la mère et la fille ne se sont pas revues depuis l'enfance et se réunissent à nouveau seulement aux portes du pénitencier. Amir Ramses m'a dit ,dans l'interview exclusive, qu'il avait triché, créant intentionnellement un suspense entre Ilham Shaheen qui joue Fatem et Amina Khalil dans le rôle de Laila. Comment cela a-t-il fonctionné? Simple, il a inventé toutes sortes de raisons, et les a réunies juste avant de filmer cette première scène aux portes du pénitencier, pour que les émotions de se voir après tant d'années soient aussi authentiques que possible. Amir Ramses, qui a travaillé comme assistant du légendaire réalisateur Youssef Chahine, introduit également un personnage tiré du film de maître "Une histoire égyptienne" de 1982, auquel il ajoute les caractéristiques de son père, qui utilisait également une prothèse par exemple. Ce personnage est Yahya, le voisin secrètement amoureux de la protagoniste, témoin passé de ses souffrances, le seul à connaître la terrible vérité. Amir Ramses a choisi l'acteur Kamel Al Bascha pour le rôle de ce personnage qu'il aime beaucoup, comme il me l'a dit dans l'interview. L'acteur palestinien est très apprécié, il a été récompensé à Venise par une Coppa Volpi pour la meilleure performance masculine dans "L'Insulte" en 2017. Ici comme dans le film russe "Conference" les personnages principaux ont souffert. 
Ici aussi, la fille souffre d'un traumatisme non guéri, ici conséquence d'un abus sexuel vecu dans l'enfance. Le réalisateur égyptien Amir Ramses fait preuve de beaucoup d'intelligence et de finesse en analysant les conséquences d'un comportement qui transgresse les tabous sociaux liés aux rôles familiaux, d'autant plus que l'action se déroule dans une société musulmane.
La réalisatrice Mayye Zayed presente un manifeste féministe moderne avec le documentaire «Lift it Like a Girl», une coproduction entre l'Égypte, l'Allemagne et le Danemark. Zebiba a un passe-temps non conventionnel pour une fille, en particulier dans un pays musulman et un rêve qui pourrait plutôt appartenir à un garçon. Elle veut devenir la championne nationale d'haltérophilie d'Égypte dans son classement. Son coach le capitaine Ramadan croit en sa volonté et ses capacités, réussira-t-elle en tant que Nahla Ramadan, la fille du capitaine Ramadan, championne du monde et détentrice de plusieurs records dans le passé? C'est la regie du début de  la jeune réalisatrice récompensé par la Pyramide de Bronze et le Trophée Youssef Cherif Rizkallah - Prix du Public doté également de 15 000 $.
  La mention spéciale du jury est allée au film "Gaza Mon Amour" (2020). Il s'agit également de la nomination de la Palestine aux Oscars dans la catégorie "film international". Le film, que j'avais manqué au Filmfest de Hambourg en octobre et que j'ai eu l'occasion de regarder lors de la première MENA au Caire, présente une histoire d'amour - un pêcheur de 60 ans est amoureux d'une couturière dans un marché de Gaza. Le film des frères palestiniens basés à Paris, Arab et Tarzan Nasser, deux des cinéastes palestiniens les plus importants du moment, est aussi une déclaration d'amour pour Gaza. J'aurais adoré les rencontrer avec leur apparence rebelle, qui m'avait intrigué sur les affiches du Filmfest Hamburg, mais lors de l'interview du Caire, le coproducteur français d'origine palestinienne-égyptienne Rani Masalha est apparu, qui en quelque sorte a torpillé mes attentes en m'avouant que les deux Nassers ressemblent plus à des agneaux. Je lui ai demandé comment il répartissait ses tâches. Arab travaille avec les acteurs et s'occupe de la post-production et Tarzan écrit le scénario, et ils sont ensemble pour le tournage. Et les personnages principaux ont beaucoup en commun avec les parents des frères Nasser. Le tournage qui a eu lieu en Jordanie s'est terminé en janvier, heureusement qu'ils n'ont pas été touchés lors du tournage de Covid-19, mais les ventes, la distribution des films est affectée avec des cinémas fermés. Dans les rôles principaux, j'ai été impressionné par l'acteur Salim Baw et j'ai revu l'actrice la plus célèbre du monde arabe, Hiam Abbass, dont la fille Lina Soualem, j'ai rencontrée à El Gouna.

L'actrice Mona Zaki, grande star du Moyen-Orient a été récompensée pour ses performances artistiques avec le trophée FATEN HAMAMA lors de la cérémonie d'ouverture du festival animée par Maha Al Sagheer. Ce trophée porte le nom de la célèbre actrice égyptienne Faten Hamama mariée à Omar Sharif. Sur les grands écrans j'ai eu l'occasion de voir Mona Zaki pendant le festival dans le nouveau film de Yousry Nasrallah "Scheherezadeh, raconte-moi une histoire". Il s'agit d'une modératrice à la mode, une Shéhérazade moderne qui a une émission de télévision hebdomadaire où elle discute avec des femmes des moments difficiles qu'elle ont vecues. Elles sont victimes de violence physique ou émotionnelle. Rien ne semble pas affecter cette Sheherezada moderne, jusqu'au moment où elle-même sera la victime. J'ai revu Yousry, qui parle parfaitement l'allemand au Marriott où il a présenté son nouveau projet à la recherche de financement "The Legend of Zeinab and Noah".

L'acteur britannique Rufus Sewell et l'acteur tunisien Dhafer l'Abidine étaient les grands stars internationales présentes au CIFF. C'était plus facile pour Dhafer car il est actuellement sur le point de se lancer dans un nouveau projet au Caire, une tendance que j'ai remarquée pendant le festival, le Caire attire les stars de cinéma. Mon entretien avec l'acteur tunisien peut être visionné ici: https://drive.google.com/drive/mobile/folders/1GGAm4S9dJ2w-rsoHh8MsN_8-vuStGcth usp=sharing

Rufus Sewell participe au festival avec Sir Christopher Hampton, honoré au Caire, avec l'auteur / scénariste égyptien Waheed Hamed avec le trophée pour les réalisations de toute sa carrière. Hampton, qui a reçu un Oscar pour le meilleur scénario adapté en 1989 pour "Liaisons dangereuses" a des grandes chances d'obtenir un nouvel Oscar avec Florian Zeller. Florian Zeller est également l'auteur de la pièce ainsi que le réalisateur de la drame "Le père" qui est le film d'ouverture du festival. Ce film a une bonne chance d'entrer dans la course à l'Oscars. Zeller et Hampton ont la chance d'obtenir un Oscar pour le meilleur scénario, et Anthony Hopkins d'être nominé comme meilleure acteur principal. Il se transforme dans son rôle dans un père indépendant, dont la vie commence à changer de façon alarmante après les premiers signes de la maladie d'Alzheimer. Au lieu d'accepter l'aide de sa fille, Anne (Olivia Coleman a également de grandes chances d'être nominé aux Oscars), l'homme parvient obstinément à se débrouiller seul et la soupçonne même de cacher un plan sinistre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J'étais heureuse de rencontrer Sameh Alaa au Caire, à ma grande surprise il parlait très bien l'allemand. Il fait partie de la génération arabe de demain, et est invité au Caire avec 5 autres talents promus lors du festival qui comprend également la réalisatrice Hana Alomair d'Arabie saoudite qui a produit la série "Whispers" pour Netflix. Sameh Alaa est le premier Egyptien à remporter une Palme d'Or! Son court-métrage "J'ai peur d'oublier ton visage" a reçu la Palme d'Or pour le meilleur court-métrage à la reprise du festival en format physique minimisé le 27-29.10 à Cannes. Sameh Alaa a également été récompensé un jour plus tard, lors du gala de clôture du festival GFF le 30.10 à El Gouna et avec le El Gouna Star pour le meilleur court métrage arabe. Après des études en France et en Allemagne, il retourne au Caire où il prépare son premier long métrage, son avenir est ici, dans les rues du Caire qui l'inspirent.

Parmi les cinéastes réunis au Caire se trouve May Odeh, faisant partie du jury du meilleur film arabe au CIFF. La réalisatrice palestinienne a produit son premier film "200 mètres", qui a remporté le plus de prix au GFF et a été choisi par le Jordan pour le représenter au prochains Oscars.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une autre connaissance que je rencontre au Caire est le réalisateur Ali Mostafa de Dubai, que j'avais rencontré il y a des années au regretté Festival du film d'Abu Dhabi. Ali est ici en tant que membre du jury dans la section "Horizons du cinéma arabe". 

J'avais récemment revu le réalisateur soudanais Amjad Abu Alala installé au Caire à El Gouna, il avait remporté l'étoile d'or au GFF 2019 et participera avec son film sorti en 2019 "Tu mourras à 20 ans" pour le Soudan pour la première fois aux Oscars.

J'ai rencontré à nouveau le cinéaste allemand de Berlin Philipp Maurice Raube après le festival d'El Gouna au Caire, où il est venu pour promouvoir sa nouvelle initiative de promotion professionnelle NewNarrative et son nouveau projet "Big Boys Don't Cry" qui participe l'année dernière à Cairo Film Connection et qui a remporté le trophée du Film Independent il y a un mois au GFF.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Parmi les quelques confrères journalistes qui ont osé et reussi venir en Égypte, on trouve les critiques de cinéma Ajit Ray
de New Delhi pour India Today, 

(avec l'ambassadeur US et Alice Kanterian)













Mimo Abdi de Londres pour BBC Iran et 
















Artur Zaborski pour Vogue Pologne, qui a été rejoint par Jorge Pereira, rédacteur en chef du magazine portugais www.c7nema.net.

La talentueuse actrice et productrice du Caire Bushra, qui supervise toutes les opérations du GFF en tant que COO, j'ai revue à plusieurs reprises au CIFF, dans le jardin de l'hôtel Marriott où se tenaient toutes les réunions pour discuter de nouveaux projets, et à la fête de la plateforme de streaming VIU, qui présentait en exclusivité deux séries produites par Original VIU en Egypte: "Ansaf Majaneen" et "Wadi Al Jinn". Bushra a une apparition spéciale dans la série "Wadi Al Jinn". La première des deux séries a eu lieu à l'intérieur de l'Opéra du Caire, suivie d'une réception au Ritz Carlton. Fondée à Hong Kong, dont le siège de la societé pour le Moyen-Orient est à Dubaï, VIU n'est pas accessible depuis l'Europe et est limitée au Moyen-Orient et en Asie du Sud-Est. Malheureusement, parce que les abonnés aux plateformes de streaming auraient plus d'options au choix et ne dépendraient pas tellement du contenu proposé par Netflix qui est basé sur un algorithme au goût des hommes américains conservateurs. J'ai rencontré ici Ahmed Shawky, l'ancien directeur artistique du CIFF et actuel directeur du développement commercial VIU au Moyen-Orient.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'édition actuelle du CIFF a dépassé mes attentes, les efforts du directeur du festival Mohamed Hefzy et de ses collègues pour faire face aux restrictions imposées par la police et sanepid même dans la capitale égyptienne ont été immenses. Les réceptions organisées par le CIFF ont été peu nombreuses sauf celle de clôture du festival le 10.12 et celle qui a eu lieu à la fin de Cairo Industry Days le 07.12 auxquelles j'ai participé à l'invitation de l'ambassadeur américain Jonathan Cohen, qui devait remettre des prix. Certaines ambassades ont organisé des soirées, comme celle d'Irlande qui s'est tenue chez l'ambassadeur Seán O'Regan. Dans le magnifique jardin, j'ai eu l'occasion de voir des connaissances et des participants au festival, dont la légendaire actrice d'origine arménienne Lebleba, l'une des jurées de la compétition officielle. J'aurais aimé la revoir à l'entrevue mais son temps limité ne l'a pas permis.

 

 

 

 

 

 

 

 

 L'hôtel choisi par les organisateurs pour accueillir les invités du festival, où des colloques ont eu lieu du 4 au 7 décembre et des pitches ont été présentés au salon Cairo Industry Days, était un choix idéal. L'hôtel Marriott de Zamalek, le quartier le plus recherché du Caire, est situé juste à côté du Nil, et du 15ème étage où ma chambre donnait sur la célèbre rivière, je pouvais apercevoir même le dôme du célèbre musée de la place Tahrir. Un service de navette assurait notre transport entre le Marriott et l'Opéra, dans mon cas et celui d'autres participants de l'étranger en compagnie d'un officier responsable de notre sécurité. Les visionnages des films à l'intérieur et à l'extérieur de la compétition ont eu lieu à l'intérieur de l'Opéra du Caire et au théâtre Hanager, à côté duquel l'immense cinéma en plein air WE Theatre a été construit, très apprécié car la distance sociale imposée fournissait juste l'espace nécessaire.
 La cérémonie d'inauguration du festival a eu lieu ici le 02.12, mais je l'ai perdue même si j'ai atterri à l'heure et qu'une voiture allait m'emmener à l'Opéra, mais il semble que deux ministres de la culture et de la santé ont décidé d'assister à l'inauguration et les portes du festival étaient déjà fermées à partir de 19h15, sans pouvoir (du moins c'est ainsi que j'ai été informée à l'hôtel en arrivant à 21h) de regarder le film d'ouverture "Le Père» réalisé par Florian Zeller.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les efforts ont porté leurs fruits, le CIFF s'aligne au  grands festivals comme le Festival du Film de Venise. Mohamed Hefzy a résumé: «J'ai beaucoup appris de Saint-Sébastien et de Venise, j'ai adopté leurs mesures strictes de distanciation sociale, d'imposition de masques, et on a reduit le numéro du cinémas, actuellement 7 y ont participé l’année dernière 9. " Je découvre que le nombre de places dans les salles a été réduit de moitié, et le cinéma WE construit à l'occasion du festival, qui a également la plus grande capacité, permet une vision idéale, en extérieur et loin du siège voisin.
  
 Hefzy poursuit: "L'industrie hollywoodienne a la meilleure technologie et nous, dans les pays arabes, avons les meilleures histoires, ce qui nous manque, c'est la formation professionnelle." Mohamed Hefzy reste optimiste, cette année 13 premières mondiales ont eu lieu au Caire, dont des courts métrages. Le court métrage "Isabel" réalisé par Sarah Al Shazly fait partie de ces 2 premières mondiales, récompensé par le trophée Youssef Chahine pour le meilleur court métrage. La production est cubaine mais Sarah elle-même ne l'est pas, elle vient de rentrer de Cuba après avoir obtenu son diplôme universitaire pendant trois ans. Le trophée est une grosse surprise pour sa mère. La célèbre réalisatrice Marianne Khoury ne s'avait pas attendue à cette reucitte, le réalisateur légendaire Youssef Chahine étant son propre oncle, et le grand-oncle de Sarah. C'est la tendance que je vois au Caire, de jeunes cinéastes égyptiens comme Sarah Al Shazly ou Sameh Alaa, rentrent chez eux après une formation à l'étranger. Et je remarque une autre tendance, le Caire est en train de devenir un centre de créativité qui attire des cinéastes non seulement de la région MENA mais aussi de l'Occident. Et il me semble que la pandémie avec laquelle nous luttons actuellement a accéléré ce processus, avec l'Occident paralysé par la pandémie, certains cinéastes voient leur avenir en Egypte. To be continueed!

avec le président du jury Alexander (Alexandre) Sokurov

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
avec l'ambassadeur des USA Jonathan Cohen


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