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Mihran Kochi garde les ruines d’Ani , en Anatolie : Nairi du mouvement « Zartir Lao » l’a rencontré

Le 06/05/2020 | Par | Catégorie: ART & CULTURE



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Excursion à Ani , de Nairi Kokhikyan
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Des centaines de Kurdes habitent le village d'Ocakli (frontalier avec l'Arménie,
département de Kars) à proximité des ruines d'Ani et ils connaissent un crypto
arménien qu'ils considèrent comme  le gardien non officiel des ruines.
Le gardien s'appelle Miran Kochi, manutentionnaire de son état , dans une usine
de Kars.
Il est musulman et a découvert  son origine à l'âge de vingt ans quand on
l'a traité  de "fils d'Arménien"^(un juron ,surtout en Anatolie, un compliment partout ailleurs , ndlr). En relatant
l'incident
à son père il apprend que ses grands parents etaient arméniens et que son
grand-pere avait combattu les Turcs pour la défense de la forteresse de Kars
en 1920.
En raison de la présence d'une majorite azérie autour de lui , il cherche à
dissimuler son origine car " ils sont plus malveillants que les Turcs", dit-il.
 
Miran connait les pierres d'Ani une par une et les btiments construits  aux
alentours dont les pierres proviennent des ruines. Il s'oppose a leur
transport en alertant les militaires qui "gardent" le site.
 
Il y a quelques années, Ani etait devenu l'endroit des toxicomanes et du
trafic du sexe. C'est encore Miran ,effectuant des rondes avec d'autres 
Arméniens et faisant appel a la  police , dissuade les habitués de
tarfiquer sur le site.
Devant la Cathédrale, Miran embrasse la porte d'entrée et prie sans se
signer :  "Je suis musulman mais je sais que le sang arménien coule dans
mes veines" dit-il.
Miron s'étonne que les Arméniens ont construit tant d'églises  et pas
de forteresses pour se défendre et défendre les églises.
 
Naïri Hokhinyan est un journaliste qui sillonne l'Anatolie a la
recherche de crypto armeniens pour le compte du mouvement
"Zartir Lao"
 
Zaven Gudsuz
——————————————————————————————————–
 

Zartir lao est l’œuvre de Fahrat, un achough arménien originaire de Mouch. Cette chanson célèbre Arabo, célèbre fédaï arménien ayant combattu dans la région de Mouch et de Sassoun, et perçu aujourd'hui comme un symbole du mouvement de libération nationale arménien. En 1893, de retour du Caucase, sa troupe est encerclée dans une gorge près Bulanikh et liquidée.

Son lien à cet évènement et à Arabo s'estompe progressivement, notamment du fait de l'évolution du titre de la chanson, passant de La chanson d'Arabo («Արաբոյի երգ»), à La chanson du courageux Arabo («Քաջ Արաբոյի երգ»), à La chanson du Mouchetsi («Մշեցու երգ»), jusqu'à Zartir lao («Զարթիր լաօ»).

Composition

Cette chanson est mélodiquement similaire à de nombreuses autres chansons traditionnelles arméniennes, à la différence de son intention qui est celle de pousser à l'insurrection. La mère en est le personnage central, expliquant à son fils les conditions misérables dans lesquelles vivent les Arméniens et lui enjoint de se battre contre les Turcs. Elle fait d'Arabo un exemple à suivre, et pousse son fils à suivre ses traces en devenant un fédaï.

Paroles

Voici la version la plus répandue des paroles de la chanson[1] :

Arménien Transcription phonétique Traduction en français[2]
Խուժան ազգեր, զօրք է ժողուել
Եկել Մըշո դաշտն է պատել։
Սուլթան կ՚ուզէ ջընջել մեզի.
Զարթի՛ր, լաօ, մեռնիմ քեզի։
Խեղճ Մշեցին մեռաւ լալով,
Օտար երկիրներ ման գալով
Մեռաւ թուրքին հարկը տալով.
Զարթի՛ր, լաօ, մեռնիմ քեզի։
Ի՞նչ անիծեմ թուրք ասկեարին,
Որ սպաննեց ջոջ Աբոյին։
Մեր հոյս թողեց օրօրոցին.
Զարթի՛ր, լաօ, մեռնիմ քեզի։
Khoujan azkér, zork é joghvel
Yeguel mecho tashdn é badel.
Sultan gouzé tchntchél mézi,
Zartir, lao, mérnim kézi.
Kheghdj mechétsin mérav lalov,
Odar yerguirner man kalov
Merav tourkin hargue dalov,
Zartir, lao, mérnim kézi.
Inch anidzem tourk asguéarin,
Vor espanets tchotch Apoyin.
Mer houys toghets ororotsin,
Zartir, lao, mérnim kézi.
Des troupes de soldats se sont réunies,
Et encerclent la plaine de Mouch.
Le sultan veut nous anéantir,
Debout mon fils, je suis prêt à mourir pour toi.
Le pauvre Mouchetsi est mort noyé de larmes,
Lors de son périple à travers des terres étrangères,
Mort payant des impôts au Turc,
Debout, mon fils, je suis prêt à mourir pour toi.
Que devrais-je dire pour maudire le soldat turc,
Qui a tué notre chef Arabo,
Et étouffé notre espoir dans le berceau,
Debout, mon fils, je suis prêt à mourir pour toi.

Dans la culture populaire

  • Cette chanson apparaît dans le film Triangle (1967), réalisé Henrik Malyan. Le film raconte des évènements ayant eu lieu à Gyumri pendant la Seconde Guerre mondiale, évènements pendant lesquels Zartir lao est utilisée comme chanson de ralliement contre l'Allemagne nazie.
  • Lors des manifestations antigouvernementales de 2013, la députée de l'opposition Zaruhi Postanjyan chante Zartir lao devant le palais présidentiel à Erevan[3],[4].

Notes et références

  1. (hy) « Զարթիր լաո » [archive] [PDF], sur arak29.am
  2. Traduction de Raphaël S. Vartanian.
  3. (hy) « «Զարթիր, Լաո». երգը կատարում են Զարուհի Փոստանջյանը և Րաֆֆի Հովհաննիսյանի համակիրները (տեսանյութ) » [archive], sur 168.am,‎
  4. (hy) Chaîne YouTube d'a1plusnews, « Հանրահավաքը մեկնարկեց » [archive] [vidéo], sur youtube.com,‎

 

 

 

 

 

Articles connexes

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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