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Nuit d’horreur à Istanbul

Le 09/09/2019 | Par | Catégorie: POLITIQUE



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Constantinople était la capitale de l’Empire BYZANTIN pendant 11 siècles. L’église de Constantinople a été déclarée universellement «œcuménique » plus de 17 siècles. Après la chute de Constantinople et de Sainte Sophie, le 29 mai 1453, l’Empire Byzantin fut occupé par l’Empire Ottoman.
Après des massacres, des viols…, 600 000 Grecs restaient seulement après les années 1900.
Dans l’article qui suit, nous vous parlons de la grande déportation de septembre 1955,

les « septembriana »

Il y en a eu plusieurs, chaque fois que les Turcs trouvaient un prétexte ; en 1955, en 1963, avec pour motif les évènements à Chypre. Cette méthode, les Turcs l’ont employée, à part à Constantinople, en Asie Mineure, dans le Pont – Euxin, à Ivros et Ténédos, à Chypre…
Aujourd’hui, l’expansionnisme turc se tourne vers le Patriarcat œcuménique où vivent encore 2 400 Grecs à Constantinople. Ces derniers temps, plusieurs manifestations ont eu lieu pour l’expulsion du Patriarcat œcuménique et contre le Patriarche Bartholoméos Ier, chef des 400 millions d’orthodoxes de par le monde.

La nuit de terreur de Constantinople

D’après le traité de l’échange des populations qui a été signé en 1923, les Grecs habitants de Constantinople, qui constituaient une florissante communauté, ont été exclus de l’échange, contre les Musulmans de la Thrace d’Ouest.
Après une série de persécutions au cours des cinq derniers siècles pendant lesquels l’ancienne Capitale grecque est restée sous le joug turc, 600 000 Grecs seulement sont restés à Constantinople.
Les Turcs ont essayé de violer les traités et de les chasser par un grand nombre de mesures. Ils ont imposé des mesures visant à l’extinction de la communauté et à sa destruction économique. Les deux principales mesures furent :
a. La mobilisation en mai 1941 de 20 classes de sujets turcs, non musulmans, appartenant aux minorités grecque et arménienne visant à leur extermination par la méthode bien connue de bataillon de travail. Les mobilisés ont été sauvés grâce à la défaite des Allemands à Stalingrad en décembre 1942, à la suite de laquelle les autorités turques ont été obligées de mettre en liberté ceux qui avaient été mobilisés.
b. La loi de taxation de la propriété (mobilière et immobilière) des sujets turcs non musulmans du 11 novembre 1942, connue sous le nom Varlick Vergesi. C’était une loi qui livrait les Grecs et les Arméniens de Turquie au jugement absolu des employés turcs du Ministère des Finances, qui estimaient la fortune selon leurs propres critères et l’évaluaient bien au-delà de sa valeur réelle. Les pauvres contribuants n’avaient pas le droit de faire appel. S’ils ne pouvaient pas payer, ils étaient exilés et leur fortune était confisquée.
Après toutes ces mesures en 1955, à Constantinople ne sont restées que 25 000 personnes, d’une communauté qui devait en compter normalement au moins 450 000.
La nuit du 6 au 7 septembre 1955, l’Administration turque a donné le coup de grâce à tous ceux qui n’étaient pas encore partis.

L’histoire du Pogrom est la suivante :
( le mot pogrom est d'origine russe ; dans cette langue, il désigne un assaut, avec pillage et meurtres, d'une partie de la population contre une autre ).

Le samedi 3 septembre 1955, la femme du Consul turc de Salonique avait fait prendre une série de photographies du Consulat turc à Salonique et de la maison attenante qui était celle où Kémal Atatürk était né, prétendant qu’elle voulait les photographies comme souvenirs. Le lendemain, elle est partie en famille pour la Turquie.
A 0h10 du matin du 6 septembre 1955, une petite bombe a éclaté dans la cour du Consulat, entre les deux maisons, et a brisé les vitres des deux bâtiments.
Les autorités grecques accourues ont trouvé 2 autres machines explosives qui n’avaient pas éclaté et ont constaté que dans l’édifice se trouvait seulement le gardien turc. Il a été prouvé par l’enquête qui s’ensuivit que les machines explosives avaient été placées par le gardien turc et son complice Octai Engin Faik, étudiant à l’Université de Salonique qui avait importé les explosifs de Turquie comme il a lui-même déclaré à l’enquête.
Les journaux turcs du 6 septembre falsifièrent les films que la femme du Consul turc avait apportés en Turquie, de telle façon que la maison où Kémal Atatürk était né, se présentait détruite et publièrent les photos ainsi falsifiées.
Par les journaux du soir, avant l'explosion, le public turc apprit que la maison de Kémal Atatürk à Salonique avait été détruite. Une fausse nouvelle qui a été fabriquée exprès sur ordre du gouvernement.
Les autorités turques transportèrent de la populace turque en chemin de fer ou en camions militaires de l’Asie Mineure à Constantinople.
L’attaque de la populace a commencé le 6 septembre 1955 à 17h50 et s’est terminée le 7 septembre à 2 heures du matin. La police aidait activement en guidant la populace. A 0h20, le 7 septembre 1955 , la loi martiale a été proclamée et, une heure et demie après, on a interdit la circulation. A 2h30, les forces du gouvernement ont imposé l’ordre. Mais, il était trop tard. La destruction était achevée.
Avec des cris « Aujourd’hui vos fortunes, demain vos vies; Chypre est turque; nous prendrons aussi les îles de la Mer Egée et, bientôt, nous irons jusqu'à Salonique, patrie d' Atatürk », la populace turque a commis des crimes affreux qui avaient pour but de terroriser les habitants grecs de Constantinople pour les forcer à quitter leur patrie et de faire disparaître les monuments et les traces qui témoignent du glorieux passé grec de Constantinople.

Par suite du vandalisme :

a. L’école Théologique de Chalki, la grande Ecole de la Nation, l’école Maraslios, le monastère de Valoukli et d’autres institutions grecques ont subi de grands dégâts.
b. Sur 89 églises, 29 ont été brûlées et 46 autres ont été l’objet d’actes de vandalisme.
c. Les tombes des Patriarches Œcuméniques et les cimetières chrétiens ont été profanés ; les charniers brûlés et les os dispersés.
d. 3 000 maisons grecques ont été pillées et détruites.
e. 4 348 magasins grecs ont été complètement pillés et détruits.
f. 200 femmes grecques ont été violées.
g. Des centaines de Grecs ont été maltraités et torturés comme le vieil évêque Jacques de Derkon. On a coupé la barbe à l’évêque d’Eliopolis Gennadios, on l’a trainé sur les routes, et il est mort de maltraitance peu après. L’évêque Pamphilou Gennadios a été jeté sur les débris brûlants de Valoukli.
h. 15 Grecs ont été assassinés, dont le moine du couvent de Valoukli, Chr. Mantas âgé de 90 ans, qui a été brûlé vif.
i. Plusieurs ont été blessés.

Après le le pogrom,la plus grande partie des Grecs de Constantinople ont quitté la Turquie et se sont réfugiés en Grèce pour sauver leur vie.
Le magazine anglais « Economist » écrivait dans sa feuille du 20 septembre 1975 « les accusations turques que la population musulmanes de la Thrace Occidentale est opprimée par les autorités grecques sont des exagérations grossières. En 1923, il y avait 450 000 Grecs qui vivaient en Constantinople et 110 000 musulmans qui vivaient en Thrace. Aujourd’hui il y a 15 000 Grecs à Constantinople et 120 000 musulmans en Thrace. Les Grecs ont donc raison de demander quel pays opprime quelle minorité ».
Il faut ajouter qu’à présent 2 400 Grecs seulement sont restés à Constantinople parce que tous les autres s’ont pas pu supporter « la sanglante tyrannie des Turcs » comme avait dit quelques années auparavant Aristide Briand :
« Ce jour où l’hémorragie démographique se perpétue, le Patriarcat œcuménique reste l’exutoire de la terreur maniaque des loups gris, la solde des politiques extrémistes turcs ».

Aujourd’hui, certains Turcs continuent
Un cimetière grec orthodoxe vandalisé en Turquie

 

Quatre-vingt-dix tombes ont été profanées dans le cimetière grec orthodoxe de Baloukli en Turquie au début du mois de septembre 2009. Le patriarche Bartholomée s'est rendu sur les lieux. Le cimetière est attenant à l'hôpital de Baloukli qui comprend aussi un foyer pour personnes âgées.

 

Cimetière profané en septembre 1955

 

 

 

 

 

 

ciimetière profané en septembre 2009

 

sources : Nersès Durman , Marmara , The Economist, diaspora-grecque.com

 

 

 

 

 



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