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Au MK2 Beaubourg, Jacques Kébadian Expo-Installation photos à la Galerie Photo Doc

Le 18/12/2018 | Par | Catégorie: ARCHIVES



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Jacques Kébadian fait une installation ludique sur Mai 68 : 1440 photogrammes

avec ceux qui ont pris la parole , les murs , les pavés..

Jacques Kébadian sera sur place de mercredi à

vendredi de 14h à 19h30.

Et toute la semaine du 9 au 15 janvier le film "Les Révoltés, images et paroles de mai 68"

au MK2 Beaubourg 

 

"Mais ce qui n'a jamais été vu, ce qui apparaît ici pour la première fois, et que révèlent les photogrammes tirés par Jacques Kébadian de ce qui a été enregistré dans les journées de mai, ce sont les traces que forment les images quand elles sont arrêtées.

Un autre état du visible, ordinairement masqué par le mouvement même des images dans le projecteur. Qu'on interrompe ce mouvement et l'image apparaît pour ce qu'elle est : traces claires et sombres dans un cadre immuable, traînées d'ombres et de lumières, poussières d'image éclaboussant le rectangle du cadre. L'événement, dont tant d'images ont partout circulé, devient énigmatique, illisible, mystérieux, en ceci qu'il rejoint sa généralité la plus grande, non anecdotique, essentielle : postures, gestes interrompus, attitudes suspendues, interruption du temps qui court d'habitude à travers les images et qui, ici figé, montre les mouvements inaccomplis, comme en réserve, en attente.

Une bataille de rue est un ballet dans des fumées. A cinquante ans de distance, l'usure du temps a sans doute dégradé l'homogénéité photographique de la pellicule, mais l'effet premier, l'effet majeur de cette dégradation est de libérer les prises de vue de la nécessité ordinaire de l'analogie photographique qui commande à la ressemblance, à l'identité, au "réalisme". Ces jeunes gens, ces étudiants, ces ouvriers, sont devenus des emblèmes, dans l'histoire mais hors du Temps.

Jean-Louis Comolli

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Après ses études à l'IDHEC, Jacques Kébadian entre dans le cinéma en tant qu'assistant réalisateur sur trois films de Robert Bresson : Au hasard Balthazar (1966), Mouchette (1967), Une femme douce (1969). Dans Une femme douce, il tient le rôle d'un séducteur.

En 1967, il réalise son premier film de fiction, Trotsky, avec Patrice Chéreau (dans le rôle de Trostky), Marcel Maréchal, Marcel Bozonnet, François Lafarge, Françoise Renberg, Guy Hocquenghem, Joani Hocquenghem, Pierre-William Glenn, Michel Andrieu.

En 1968, Jacques Kébadian participe à la création des États Généraux du Cinéma et filme les grèves ouvrières. Il confonde le collectif militant ARC, qui réalise Le Droit à la parole, Joli mois de mai, Comité d'action 13. Jean-Luc Godard intègre certaines des images filmées par l'ARC à Un film comme les autres (1968). Soucieux d'efficacité révolutionnaire, Jacques Kébadian embauche comme ouvrier à l'usine de peinture Valentine et y dénonce les conditions de travail : intoxication par vapeurs de soude, maladies mortelles, polices patronales. Son action militante lui vaut un procès et 2 mois de prison avec sursis.

Tout au long de son œuvre, Jacques Kébadian rend compte des combats menés par les opprimés : lutte des sans-papiers dans D’une Brousse à l’autre (1997), lutte des Indiens zapatistes dans La fragile Armada (2003).

Ses origines arméniennes le déterminent à consacrer de nombreux films au génocide et à la diaspora arméniens, ainsi qu'une monumentale installation, Mémoires arméniennes, pour célébrer le centenaire du génocide de 1915. En 1982, Jacques Kébadian crée l’Association Audiovisuelle Arménienne, et organise le festival du cinéma arménien au Studio 43 (Paris), qui connaît quatre éditions entre 1984 et 1989.

Cinéaste au long cours, Jacques Kébadian se consacre aussi à suivre le travail de nombreux artistes dans plusieurs disciplines, littérature, sculpture, architecture, peinture, danse, scénographie… : notamment Jean-Robert Ipoustéguy, Pierre Guyotat, François Marie Anthonioz, Patrick Bouchain, André Acquart. Il réalise des portraits singuliers et historiques du compositeur expérimental Michel Chion (1972) et du cinéaste Sergueï Paradjanov, filmé à sa sortie de prison en 1983 dans sa maison d'Erevan, avec Serge Avedikian.

Le travail de Jacques Kébadian bâtit une galerie de portraits de femmes révoltées pour de justes causes : Albertine, jeune fille libertaire interprétée par la future réalisatrice Franssou Prenant dans Albertine, le souvenir parfumé de Marie Rose (1972), les résistantes Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle, filmées dans Germaine Tillion (1974), puis toutes deux dans le Comité de soutien des sans-papiers dans D'une brousse à l'autre, puis dans un double portrait qui anticipe de façon visionnaire sur l'entrée simultanée de celles-ci au Panthéon le 27 mai 2017 (Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle Anthonioz, co-réalisé avec Isabelle Anthonioz Gaggini, 2000). Jacques Kébadian filme également les femmes de sa propre famille.

En 1985, Gérard Courant l'intègre à son anthologie cinématographique Cinématon: il est le numéro 614 de la collection. En 1989, Philippe Garrel lui confie un rôle dans son film Les Baisers de secours.

Jacques Kébadian est le père de l'artiste Itvan Kebadian.

source : wikipedia



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