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Grandiose cérémonie religieuse ce 25 octobre 2015 organisée par l’IAF et L’ANACRA en soutien aux chrétiens d’Orient

Le 02/11/2015 | Par | Catégorie: MÉDIA



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ANACRA à la basilique de Saint-Denis

ANACRA à la basilique de Saint-Denis

ANACRA à la basilique de Saint-Denis

DISCOURS D'ANTOINE BAGDIKIAN, PRÉSIDENT DE L’ANACRA

Votre Excellence, M. Viguen Tchitetchian, Ambassadeur d’Arménie en France,

M. Iason Kasselakis, Consul de Grèce, M. Doros Venzis, Consul de Chypre,

Messieurs les Évêques et les Pères de l’Église, Mesdames et Messieurs les présidents des Institutions,

Mesdames et Messieurs, Chère famille des Lusignan,

Ce jour, nous rendons hommage aux victimes des génocides de tous les chrétiens de l’Empire ottoman : un crime crapuleux car il fallait voler leur terre et leurs biens, les éliminer totalement pour faire place à une Turquie raciste, sunnite et purifiée des « infidèles ».
En 1915 s’est effectuée la plus grande épuration ethnique du début du XXe siècle.

Les Arméniens donnent la date symbolique du 24 avril 1915, c’est en fait en 1894 -1896 que débutèrent les premiers massacres du sultan rouge Abdul Hamid. Excédé par les pressions européennes, refusant d’apporter des réformes sur lesminorités qui vivaient, toutes avec un statut de semicitoyen, il fait assassiner 300 000 Arméniens !

Toute la classe politique française se dresse contre l’horreur de ces crimes :Anatole France, Jean Jaurès,Georges Clémenceau, Aristide Briand, Georges Duhamel, Romain Rolland, Denys Cochin, Francis de Pressensé… Je reprendrais les paroles prophétiques de Jean Jaurès : « L’Humanité ne peut pas vivre avec le cadavre du peuple arménien assassiné dans sa cave » mais aussi « Il faut arrêter les Turcs, car sinon ils iront encore plus loin ! », « La France ne peut pas être complice des Turcs ». Rien n’y fit car les intérêts de la France avec la Banque Ottomane étaient trop forts !

Enfin ce sultan sanguinaire est destitué. Un groupe constitué de Talaat Pacha, Enver Pacha et Djemal Pacha prend le pouvoir, crée le Comité Union et Progrès, appelé Jeunes Turcs, promet des réformes. C’est la liesse à Istanbul. Arméniens, Grecs, Juifs défilent avec des banderoles. Mais fièvre ultra nationaliste et raciste s’empare de ce Triumvirat diabolique et ce sont les massacres d’Adana avec 30 000 victimes en 1909.

L’Empire ottoman se démembre. Les balkans se soulèvent, les pays, un par un recouvrent leur liberté, l’insupportable affront est la victoire des Grecs sur les troupes ottomanes. Et aussi la défaite de Sarikamich sur le front russe. Les chrétiens sont les coupables ! L’ennemi intérieur est désigné, le Djihad, la guerre sainte contre les chrétiens est déclarée. Des plans de survie sont discutés au sein des Jeunes Turcs : une fédération avec tous les peuples : Arméniens, Grecs, Assyro-Chaldéens, Kurdes ? Pas question ? Plutôt tous les supprimer ! La guerre de 1914 éclate. Tous les occidentaux ont les yeux tournés ailleurs.

Alors le plan de destruction massive mûrement réfléchi est froidement exécuté : le 24 avril 1915, 600 intellectuels d’Istanbul sont déportés et tués, les soldats chrétiens de
l’armée ottomane désarmés et tués par petits groupes. Bientôt il ne restera plus que les femmes, les enfants et les vieillards : il faut les dépouiller, les déporter, les éloigner du champ visuel et les exterminer de toutes les morts possibles : brûlés par milliers dans leurs églises, jetés dans l’Euphrate pour économiser les balles. Les bandits des
prisons et les Kurdes nomades sont excités et lâchés sur les convois. Les viols, les égorgements, les rapts d’enfants et de jeunes femmes… rien n’est épargné. Des centaines de kilomètres de marche forcée et ce sont les déserts de Syrie, Deir el Zor, le Auschwitz des Arméniens qui sera le terminus et là les survivants sont précipités dans les ravins.

Il aura donc fallu plus de 20 ans, de 1894 à 1916, pour diaboliser toutes les populations musulmanes et leur permettre de déraciner les Arméniens et détruire leurs 2 000 églises. A l’issue de ce carnage, périrent 1 500 000 Arméniens, mais aussi 350 000 Grecs Pontiques, 250 000 Assyro-Chaldéens, 100 000 Syriaques chrétiens… soit plus de 2 200 000 chrétiens.

1918 : fin de la guerre. La Turquie est vaincue. Un tribunal ottoman encadré par les Alliés juge les Jeunes Turcs et les condamne à mort. Ceux-ci fuient en Allemagne où le pire d’entre eux, Talaat, sera abattu par un Justicier arménien, que le tribunal allemand graciera !

1923 : Kémal Ataturk également dans le Comité Union et Progrès, crée la République de Turquie, et ne peut construire sa république que sur les ruines et les richesses des chrétiens. C’est avec ces cadres criminels qu’il donne le dernier coup de grâce en écrasant lesminorités survivantes d’impôts : 280% pour les Arméniens, 250 % pour les Grecs, 230 % pour les Juifs…et 3%pour lesMusulmans. C’est l’exode des derniers survivants vers la Grèce, puis vers la France, et ailleurs…c’est la vague migratoire des années 1930 dont fait partie la majeure partie de la diaspora actuelle…dont mes parents !

Sous les yeux des militaires allemands, coupables de passivité, les Turcs ont tout inventé : les brigades spéciales, les assassinats par petits groupes, les convois de la mort
par train, la déportation, les camps de concentration, la destruction par le feu, le génocide par balles…
Ce plan d’épuration ethnique a bien marché : la Turquie est ainsi passée de 30%de population chrétienne à 0,01%. Elle a retrouvé une unité sunnite homogène : les visions ultranationalistes se sont accomplies : la Turquie est purifiée ! Et le temps viendra pour purifier encore plus ce pays des autres musulmans : les Kurdes, de culture différente !

Hitler prendra exemple sur ces plans d’extermination : « Qui se souvient du massacre des Arméniens » dira-t’il devant le Parlement allemand. Ainsi, le Reich sera lui aussi
purifié de la vermine juive comme le fut l’empire ottoman de ses impurs déchets qu’étaient les Chrétiens.

Le Saint-Père François a reconnu le 12 avril 2015 le génocide des Arméniens : « La mémoire est un devoir, car là où il n’y a plus de mémoire, cela signifie que le mal tient encore la blessure ouverte, et qu’elle continue à saigner, sans être pansée ».

La Turquie, cent ans après, nie encore l’évidence, car elle sait qu’elle peut toujours faire jouer les intérêts économiques, et étouffer ainsi les élans de justice. Pire, elle poursuit les mêmes plans qu’en 1915, en aidant les groupes terroristes à poursuivre envers les chrétiens et les Kurdes le sale travail de déracinement !

Je terminerais avec la citation de Willam Saroyan, grand écrivain arméno-américain : « Ils ont voulu nous enterrer mais ils ne savaient pas qu’ils enterraient des graines. Et
ces graines ont poussé et nous sommes là » Et oui, les criminels Jeunes Turcs se sont trompés : les Arméniens avec leurs frères Assyro-Chaldéens, Grecs Chypriotes, Syriaques, Coptes…se recueillent et prient pour leur survie, pour leur renaissance car ils sont bien vivants !

Antoine BAGDIKIAN
25 octobre 1915 – Basilique de Saint-Denis

Photographes : Armand Cicek AC, Krikor Djirdjirian KD
Reportage et assemblage des photos réalisés par Antoine Bagdikian – antoinebagdikian@wanadoo.fr
ANACRA – 34, avenue des Champs-Elysées – 75008 Paris – www.anciens-combattants-armeniens.org

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