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Le festival du film de Münich en Allemagne

De l'envoyée spéciale de NHM, Alice Kanterian (ici avec le réalisateur Krikor Hamel) :
 
Les festivals traditionnels absents, vivent les éditions numériques ! Une édition numérique et
compétitive Première edition digitale du Dok.fest München 06-24.05 qui devient Dok.fest
München@home
Le DOK.fest München montre des films documentaires artistiques. Chaque année à une douzaine des
endroits différents les organisateurs présentent des films pendant dix jours. Cette année ils ont invité 121
films de 42 pays.
 
 
Parmi eux je découvre l'impresionant documentaire signé par Sandra Beerends  "They
called me Babu“, qui raconte en partant de l'histoire d'Alima qui travaille comme bonne "babu“ chez une famille holandaise, l'histoire de la colonisation suivi par l`ocupation par les Japonais et la lutte pour la
liberation de l'Indonésie et en meme temps la libération des femmes des restrictions sociales.
 
Mais en revenant sur la structure de festival, une chose significante a changé, on ne se donne plus rendez-vous
dans les salles du cinema, plus de rencontres pendant des soirées.
Pour l'édition 2020 soudain tout a changé, et comme partout à cause de la pandemie.
 
Les organisateurs ont bien fait de ne pas suprimer cette édition comme on voit ailleurs, comme c'est par exemple le
cas du Filmfest München ou du Festival de Cannes. Courageux, ils ont alors decidé de mettre en place
une édition numérique et même de prolonger le festival par 4 jours pour donner l'opportunitée à plus du
monde d'en profiter, de la bonne qualité des films en compéttion en même temps en restant chez soi.
„Dahoam“ on dit pour cela en bavarois, ce mot qu'on entend partout dernierement en Bavière pendant le
confinement.
Et,  "Acasa, My Home", en roumain, veut dire autant "à la maison" que "chez soi". Et
justement cela est aussi le titre du film roumain qui vient de recevoir la distinction suprême du festival
avec la trophée "Viktor“ et le prix de 10.000 EUR dans la compétition internationale.
 
Le journaliste roumain Radu Ciorniciuc nous présente avec une grande expertise pour l'atmosphère
l'histoire d'une famille Rom qui après avoir vécu pendant 20 ans dans le delta sauvage de Vacaresti à la
périphérie de la capitale roumaine, doit quiter cet endroit. La caméra qui suivit les enfants presque nues
qui plongent dans le lac ou courent vite pour échaper au service social, cette caméra devient un
membre de cette famille nombreuse, telle est l'intimité créée. Le spectateur est plongé dans le quotidien
des enfants, dans cette jungle.
 
Le réalisateur avoue d'avoir été fasciné par les enfants , Cet endroit qui a été
laissé à l'abandon pendant 30 ans, devient soudain une zone d'intérêt pour les autorités roumaines car il y
des fonds à recevoir. La conception urbaine et paysagère rencontre une demande de plus en plus
importante de végétalisation, voire de biodiversité, formulée par l'Union Européene. Comme dans un
veritable persiflage les visitateurs commencent à fréquenter cette „so called“ Delta de Vacaresti qui
devient d'un jour à l'autre la zone protegée Parc Natural Vacaresti , https://parcnaturalvacaresti.ro , et se
recommande comme le premier parc urbain de la Roumanie.
 
Il y a la visite du ministre du tourisme et même un vrai prince, il s'agit du Prince Charles qui prend intérêt a l'avenir du parc, et plante
symboliquement un arbre le jour de la visite. Pendant 2 ans du tournage et 2 ans de montage, le réalisateur
Radu Ciorniciuc acompagne la grande transformation sociale dans la vie de la famille, créant une grande
intimitée avec les 9 enfants. Le réalisateur avoue d'etre fasciné de leur rapport autentique avec la nature,
suivant leur parcours d'une existence en parfaite harmonie avec la nature à une vie dans la jungle urbaine
de la capitale roumaine.
Le réalisateur et son équipe ont lancé un projet social auquel ont contribué de
nombreux spécialistes et de nombreuses organisations humanitaires. Les 11 membres de la famille
Enache avaient mené une vie en dehors de la société, car le père patriarhe détestait la „civilisation“. Et ca
signifique aussi sans papiers, sans éducation, sans accès aux soins de santé.
 
Actuelement tous les 9 enfants de cette famille ont des papiers et sont inscrits à l’école. Et Vali, le fils majeur qui compte 20 ans
entre-temps, et qui est devenu lui meme père d'un petit garcon est une personne plus sage et responsable
que les adolescents de son âge et pas du tout patriarche comme son père. Mais enfain Vali a été toujours
le héros de sa famille, et le personnage principal du film, même avant c'etait Vali et pas son père qui
gagnait de l'argent pour la famille en vendant du poisson qu'il pêchait dans le lac du parc.
 
Auparavant Radu avait prevu qu'un reportage investigatif sur un terrain abandoné qui soudain doit
devenir le premier parc naturel urbain de la Roumanie situé dans la zone periferique de la capitale
roumaine Bucharest. Après l'era Ceausescu les plans d'amenager un canal entre la capitale et le Danube
on été arretés et l'espace laissé a l'abandon c'est converti dans une zone marécageuse qu'on appelait la
delta de Vacaresti. Le terrain etant couvert de l'eau, la zone n'etais plus habitable etant utilisé comme
deponie. Pendant les ans qui passent la nature conquise l'espace et transforme la deponie dans une ile
entoure par une delta magnifique.
Et c'est la que l'histoire de notre film commence a se derouler au
moment que Radu decouvre cets enfants au milieu de la nature, et il est fasciné par les petits sauvages. Le
pére est un patriarch par execellence, la mere docile, mais elle devient une tigresse au moment qu'on parle
de separer la famille pour envoyer les fils a l'école ou meme a l'orphelinat. Le père Gica ne veut pas
quitter son royaume, où il demeurre depuis 20 ans, il deteste la civilisation et ne se laisse pas intimide par
les oficialites roumains.
Le directeur du parc naturel n'accepte pas les conseils de Gica qui connait par
coeur son „domicile“. Car les intentions sont diferents, l'un veut proteger son „domicile“ l'autre veut
exploiter un terrain avec des fonds européens, ou plustot a cause des fonds européens.
La premiere internationale a eu lieu au Festival du Film Sundance, aux Etats-Unis., et c'est ici que le
réalisateur Radu Ciorniciuc et Mircea Topolean ont recu le World Cinema Documentary Special Jury
Award for Cinematography. Le documentaire roumain a été selectioné parmi 12 autres films et 14.000
films envoyés. Le documentaire se retrouve actuelement en competicion au Festival du Film
Documentaire de Thessaloniki 19-28.05!
 
Les commentaires du réalisateur (source RRI):
« Je dirais que « Acasa – My Home » (Chez moi) est le film du drame d’une famille. Nous avons filmé
pendant deux ans leur vie au delta de Vacaresti et nous avons suivi pendant deux autres années leur
processus d’intégration sociale. Ce documentaire est réalisé en collaboration avec la scénariste Lina
Vdovîi et Mircea Topoleanu. Aucun de nous n’avait de l’expérience cinématographique. Puis un
producteur qui avait déjà travaillé dans ce domaine nous a rejoints. De même, en tant que journalistes,
nous avons eu accès à des moyens de communication avec le public et notre projet est devenu de plus en
plus visible. S’y est ajoutée la tentative de renforcer le projet social, qui a fait appel aussi aux efforts du
public afin d’assurer aux enfants et aux parents une transition moins traumatisante d’une vie à l’autre.
 
C’est grâce aux personnes qui nous ont soutenues que nous avons pu mettre sur pied ce projet multimédia
qui est « Acasa ». S’y ajoute entre autres un album réalisé par les enfants durant leur première année de
transition, lorsqu’ils ont documenté leur vie dès le départ du delta jusqu’à la fin de la première année
d’école. Avant, ils ne s’étaient jamais rendus à l’école.
 
Déclaration du jury du Dok.fest München pendant la cérémonie de cloture, cella aussi difusée par internet
«Nous avons décidé de récompenser un film qui a passé beaucoup de temps avec ses protagonistes afin de
créer une intimité rarement vue au cinéma. C'est l'histoire d'une famille vivant en marge de la société. Le
film aborde des questions de gentrification, de protection de l'environnement et de développement urbain
qui sont si pertinentes pour notre époque. Radu Ciorniciuc a crée un récit filmique et journalistique qui
montre comment la vie peut s'effondrer lorsque nous perdons contact avec la nature et avec nous-mêmes.
 
Le microcosme de la famille rom est paradigmatique pour toutes les crises que nous traversons et donne
ainsi une idée de la catastrophe mondiale.
 
Alice Kanterian pour NHMAlice Kanterian Claudia Cardinale