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Touche pas à la Touchétie

Historiquement, la Touchétie est composée de quatre communautés distinctes, cette division étant basée sur une division géographique de la région :

  • Au nord, la Pirikiti-Touchétie (« la Touchétie au-delà [des montagnes] » en géorgien), les villages étant bâtis le long du fleuve Pirikitis-Alazani
  • Au sud, le Gométsari, le long du fleuve Tushetis-Alazani
  • À l'est, la Tchagma-Touchétie, le village principal de Omalo et d'autres villages avoisinants
  • À l'ouest, la Tsova-Touchétie, le peuple Bats dans la vallée du fleuve Tsovatis-Tskali

La Touchétie, & les régions voisines de Khevsourétie et de Pchavie, aux confins du nord-est de la Géorgie, sont des régions enclavées car sans véritable route d'accès, mais de véritables sanctuaires naturels et des bastions de l'âme nationale géorgienne où la vie pastorale (bergers, moutons, transhumance) est importante.

Aux confins du Daghestan, dont elle est séparée par le Grand Caucase, c'est un pays de bergers qui élèvent leurs moutons en pratiquant la transhumance (estive).Encore sans électricité ni téléphone où les villages sont à des heures de marche les uns des autres et accessibles par des chemins muletiers où le cheval reste le principal moyen de déplacement. Même les véhicules tout-terrain ont du mal à desservir la région.

Omalo est le village principal, au centre de la région ; un aérodrome et des hélicoptères permettent à des touristes aisés de se déplacer2.

Histoire

 

 

 

La forteresse de Késélo à Omalo

 

 

 

 

 

 

Le village de Dartlo (en), gravure allemande de 1901.

 

 

 

 

 

 

Le village de Dartlo en 2007.

 

 

 

 

 

 

Famille touche, photographie de Gottfried Merzbacher, 1901.

 

 

 

 

 

 

La route au nord du col de Kodja en 2004.

 

 

 

Une relative absence de sources historiques empêche la rédaction d'une véritable histoire de la région. La région aurait été convertie au christianisme mais demeure largement païenne (un syncrétisme unique se formant entre les croyances païennes montagnardes locales et le christianisme orthodoxe géorgien)[

Après l'invasion soviétique de la Géorgie en 1921, le régime communiste s'implante dans les campagnes. L'économie locale est fondée sur l'élevage avec une transhumance annuelle entre les alpages et les pâturages d'hiver dans la plaine de Kakhétie : certaines famillles aisées possédaient jusqu'à 6 000 moutons, 60 à 70 chevaux, 10 à 15 bovins. Le commerce de la laine devient un monopole d’État. La collectivisation, ordonnée par le criminel Staline en 1930, rencontre de fortes réticences : les paysans préfèrent abattre ou laisser mourir leur bétail plutôt que de le remettre au kolkhoze. Sur 90 000 moutons, plus de la moitié sont perdus, ainsi que 15 % des bovins. La répression contre les paysans riches (koulaks) semble avoir été moins systématique qu'ailleurs : Modèle:Efnec. La propagande communiste insiste sur l'action civilisatrice du régime en Touchétie, les églises transformées en écoles, la disparition du paganisme et de la vendetta, et envisage de transformer cette région pittoresque en lieu touristique pour les travailleurs de l'ensemble de l'Union soviétique. La race locale du mouton touche, robuste et bien adaptée aux conditions locales, est modifiée par croisement avec le mérinos. Mais les possessions sont limitées à 0,25 ha, 40 moutons, un cheval et deux vaches laitières par famille, tout le reste allant au kolkhoze : les lots individuels ne permettant pas à la famille de survivre, beaucoup de Touches doivent migrer vers la ville et certains villages sont abandonnés.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'autorité soviétique se relâche et des bandes se forment pour combattre les agents de l’administration ; la reprise en main ne survient qu'en 1946. Sous le gouvernement de Khrouchtchev, les contraintes s'assouplissent : les paysans ont droit à un cheptel de 200 moutons par famille et certains dépassent discrètement le seuil autorisé ; ces contraintes sont levées dans les années 19803.

Le gouvernement de la République socialiste soviétique de Géorgie fait construire la première route carrossable vers la Touchétie dans les années 1960.

Population touche

Les premiers ouvrages et articles ethnographiques et sociologiques sur les Touches – principalement rédigés en géorgien et en russe – sont publiés à partir la fin du XIXe siècle. En français, l'ouvrage de Georges Charachidzé, Le Système religieux de la Géorgie païenne – Analyse structurale d'une civilisation (édité par François Maspéro en 1968), est probablement la meilleure source d'informations sur les Touches.

Abandon de la Touchétie et migration vers la Kakhétie

 

 

 

Troupeaux de moutons en pâturage d'hiver en Chiraquie

 

 

 

La plaine de Kakhétie, longtemps utilisée comme pâturage d'hiver, devient progressivement une zone de station intermédiaire, à mi-parcours de la transhumance entre les alpages et la plaine de Chiraquie[Information douteuse] [?]. Au milieu du XIXe siècle, une partie de la population commence à s'y installer l'hiver, n'occupant les villages de Touchétie que l'été. Les premiers sont les Touches du clan, ou « thème », de Tsova, qui possédaient les troupeaux les plus importants pour le territoire le plus exigu. Ils sont à l'origine de la création du village de Zémo Alvani. À leur suite viennent ceux du thème de Pirikiti. Le village de Kvemo Alvani a été créé ultérieurement par les Gometsari, ainsi que les Tchagma dont une partie vit également dans le village de Lalisq'uri3.

Notes et références

  1. (en) « Fiche de présentation de Mta-Tusheti » [archive], sur http://whc.unesco.org [archive] (consulté le 16 mars 2013)
  2. Géorgie, Le Petit Futé, 3e édition
  3. Revenir plus haut en : a et b Valérie Le Galcher-Baron, « La collectivisation du cheptel OVIN dans l'est de la Géorgie » [archive], in Cahiers du monde russe : Russie, Empire russe, Union soviétique, États indépend;…
  4. source wikipedia