L‘idée de Ticket for Change est venue à son auteur durant un voyage en Inde, avec des entrepreneurs sociaux. «On voulait lutter contre le sentiment général de ne pas pouvoir changer le monde», explique-t-il. En 2014 naît le Parcours Entrepreneur : six mois d'accompagnement à distance avec des formations en ligne (penser à son business plan, choisir son statut, communiquer sans budget…) et un mentorat par Skype. Au programme : dix-huit jours dans différentes villes de France, ponctués de sessions de coaching et de rencontres avec des entrepreneurs locaux inspirants.

La première année, seules 50 personnes participent à ce tour de France. Depuis, l'association est devenue un véritable référent de la reconversion professionnelle. Le mooc «Devenir entrepreneur du changement», qu’elle a créé en partenariat avec HEC, a été suivi par plus de 70.000 personnes depuis  2015. Ticket for Change a développé son offre et accompagne aujourd'hui trois types de profils en quête de sens dans leur travail et préoccupés par les enjeux sociétaux : ceux qui veulent se lancer dans l'entrepreneuriat, les «agents de l'ombre» qui rêvent de changer les choses au sein de leur entreprise et, bien sûr, les salariés en reconversion.

Côté public, pas de surprise : le programme attire principalement des trentenaires de catégorie socio-professionnelle favorisée, le plus souvent issus d'écoles de commerce. «Des gens qui ont la possibilité de se poser ces questions», admet Adèle Galey. Pour participer au Parcours Entrepreneur, il faut avoir une idée de création d'activité et postuler auprès de Ticket for Change. Comptez entre 800 et 1.500 euros la formation.

ticketforchange.org

En 2009, un ancien manager de la société de conseil McKinsey, crée On purpose, à Londres. Il s'inspire du Graduate Programme réservé aux diplômés des grandes écoles, qui les fait évoluer dans les différents services d'une entreprise pour qu'ils trouvent la place qui leur convient, et adapte le concept aux entreprises sociales. Il propose ensuite à des talents cherchant un métier porteur de sens, d'intégrer ces structures. Depuis son installation à Paris, en 2015, l’école a accompagné plus de 500 personnes au sein de son programme Associés.

On purpose s’adresse à des candidats à la reconversion ayant au moins trois ans d'expérience et qui ont fait leurs preuves pour endosser un poste de cadre à responsabilités. «On repère des compétences transférables d'une entreprise à une autre, comme la gestion de projet, la conceptualisation ou la résolution de problèmes, indique Rima, responsable des recrutements. Puis on place nos associés dans deux entreprises sociales, sur deux missions de six mois. Ils sont payés 22.000 euros bruts l'année.» Que ce soit dans l’éducation, la santé, l’insertion ou l’environnement, les structures sont sélectionnées selon deux critères : placer le sens avant le profit et être économiquement viables.

Les candidats passent trois entretiens, dont un en anglais. Une reconversion clés en mains, ça se mérite : seuls 10% des postulants sont retenus. Il faut dire que l'offre est alléchante : en plus d'être placés et payés, les associés bénéficient de quatre heures de formation par semaine, d'une remise à niveau, d'un mentorat tout au long de l'année et de douze heures de coaching individuel. «Le changement de vie professionnelle est un vrai voyage vers la connaissance de soi. On travaille sur des blocages comme le manque de confiance», explique Rima Mokaiesh. A l'issue du programme, 30% des participants sont embauchés dans l'une des structures où ils ont effectué leurs missions.

onpurpose.org

Ensemble1job : l’union fait la force

A 30 ans, Claire Dupuis-Surpas, avocate, a envie de changer de métier. Logiquement, elle commence par réaliser un bilan de compétences, qui lui coûte 5.000 euros… et la convainc qu'il est temps de réinventer cette mise au point professionnelle ! «J'avais des entretiens réguliers avec un consultant qui voyait dix personnes par jour et ne s'investissait pas du tout», raconte-t-elle. En 2016, elle lance le site collaboratif Ensemble1job, avec l'ambition de rendre ce bilan collectif et financièrement accessible.

Le principe : pour 450 euros, on rejoint un groupe de quatre personnes qui s'aident pendant vingt semaines et se rencontrent à 16 reprises afin de peaufiner leur projet professionnel, accompagnés par un consultant qui intervient en ligne sur un espace de travail collaboratif. «Son rôle est d'aider le groupe sur la méthode et de le remotiver pour qu'il maintienne un bon rythme de travail.» Identifier ses ressources en partant de situations concrètes, personnelles ou professionnelles, apprendre à se présenter, cerner ses valeurs… «Les participants se confrontent les uns aux autres, lèvent des blocages, se donnent des idées, jusqu'à ce que chacun ait un objectif», indique la fondatrice.

Pour Ensemble1job, le mot «projet» englobe possibilités et pas seulement celle d’une reconversion. «Ils sont aujourd'hui nombreux à vouloir aller garder des chèvres au fin fond de la montagne… Ce sont souvent des gens qui ont vécu des conflits au travail et remettent tout en question. Mais la reconversion n'est pas une fin en soi. Ce qui compte, c'est d'être heureux. Cela peut passer par un simple changement de poste dans son entreprise ou par la concrétisation d'un rêve personnel». Depuis sa création, Ensemble1job a accueilli 130 participants. Actuellement  Paris, Nantes, Lyon et Poitiers, bientôt Bordeaux.

ensemble1job.fr

PulseMyJob : les bonnes idées de l’intelligence artificielle

PulseMyJob est l'outil pragmatique de ceux qui souhaitent trouver des offres d'emploi tout en élargissant leur horizon professionnel. Le tout, gratuitement. «On répond à un besoin non couvert jusqu'ici : obtenir une synthèse de ses aspirations professionnelles, trouver des métiers qui sont en rapport et les offres d'emploi qui vont avec», explique le cocréateur de PulseMyJob. L'offre repose sur des algorithmes d'intelligence artificielle qui s'intéressent à la fois au profil (formation, expérience, qualités…) et aux critères de l'utilisateur (métier, salaire, zone géographique). En fonction des compétences renseignées, l'algorithme fouille parmi 250.000 offres de Pôle emploi et  ses partenaires et déniche des pistes alternatives pour retrouver un job.

«Ceux qui ont leur propre réseau et ne sont pas intéressés par notre base de données peuvent utiliser PulseMyJob uniquement pour la partie synthèse professionnelle. Cela permet de faire un point sur soi, d'avoir des idées de milieux professionnels qui peuvent nous correspondre.» L'intelligence artificielle va-t-elle remplacer les conseillers de Pôle emploi ou les coachs professionnels ? «On n'en est pas encore là et, de toute façon, ce n'est pas souhaitable. Notre approche est complémentaire d’un accompagnement humain», avancent ces geeks intelligents. Peut-être une première étape avant d'envisager un suivi par l'IA plus poussé !

pulsemyjob.com

 Benevolt

«J'ai suivi le programme de Ticket for Change en 2016, après quatorze ans passé dans le secteur bancaire. J'étais lasse de ce travail et, dans mon service, beaucoup de personnes étaient sur le point de partir à la retraite. Nous avions des discussions sur l'envie et l'appréhension de sortir de la vie professionnelle, ce qui m'a donné l'idée de créer Benevolt, une plateforme de bénévolat pour les retraités actifs, avec mon associée Amélie Arcile. J'ai donc profité d'un plan de départs volontaires pour suivre le programme. Cela m'a aidée dans les premières étapes de création de mon projet et m'a poussé à travailler de façon globale : des valeurs qui m'animent au business plan de mon activité, en passant par la façon dont je devais incarner celle-ci à travers la communication non verbale… La pédagogie est très complète. Le parcours est semé d'embûches, mais je ne regrette vraiment pas de m'être lancée dans l'aventure.»

“Le coaching m’a permis de me sentir légitime dans le monde associatif” 

«Dans mes différents postes, très intéressants mais terriblement prenants, j'avais toujours la tête dans le guidon. Je ne réfléchissais pas assez à ce que je faisais. En 2016, j'ai quitté mon job de responsable gestion dans le secteur de l'énergie pour intégrer On Purpose. J'avais envie d'autre chose et le secteur associatif m'attirait. J'ai intégré les directions financières de deux associations. Au-delà des missions, le mentorat et le coaching m'ont permis d'élargir le champ des possibles, de me mettre moins de barrières et de me sentir légitime dans le monde associatif. Je travaille aujourd'hui à la direction financière d'une association et ma quête continue. Avec les membres de ma promotion, on se voit régulièrement pour s'entraider et mettre en pratique ce qu’on a appris.»

source : Capital