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La Turquie au bord de la guerre civile ou exagération des media ?

Le 26/08/2015 | Par | Catégorie: POLITIQUE



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LA TURQUIE EST-ELLE AU BORD DE LA GUERRE CIVILE ? Lors des dernières élections législatives, le président turc Recep Tayyip Erdogan espérait que son parti l’AKP obtienne la majorité absolue à l’assemblée nationale. Or, non seulement le parti du président n’a pas acquis cette majorité escomptée, mais encore les électeurs envoyèrent à la Chambre des députés 80 membres du parti pro Kurde HDP. Dès lors, il devenait extrêmement compliqué de former un gouvernement de coalition. Le plan prévu par le président Erdogan, à savoir faire voter par le parlement turc une modification de la constitution de la République en vue de renforcer le pouvoir exécutif, avait échoué.  
La ville syrienne de Kobané, peuplée de Kurdes, de Turkmènes et d’Arméniens et située à la frontière turque. En effet, cette ville était investie par les extrémistes de l’État Islamique et de rudes combats allaient s’y dérouler avec les combattants kurdes de Syrie. Pour porter secours à leurs frères de Syrie, des Kurdes de Turquie voulurent franchir la frontière, mais ils en furent empêchés par les autorités turques ce qui prouve le double-jeu d’Erdogan. Le bilan humain de cette bataille fut extrêmement lourd, on dénombra plusieurs centaines de victimes et la ville fut presqu’entièrement détruite. Elle fut finalement libérée de l’emprise intégriste par les combattants kurdes. Il faut néanmoins savoir que l’organisation dite État Islamique est une nébuleuse voulue par les États-Unis pour combattre le régime syrien avec l’appui de la Turquie mais cette marionnette s’est échappée des mains de leurs créateurs. 
En juillet 2015, de jeunes intellectuels progressistes kurdes et turcs s’étaient réunis à Suruç pour travailler à la reconstruction de la ville de Kobané. Un terrible attentat faisant plus d’une trentaine de morts allait mettre un terme à ce projet. La trêve conclue et respectée depuis plus de 2 ans par le PKK fut rompue par cet acte odieux probablement fomenté par les autorités turques bien qu’aucune preuve tangible ne vienne étayer nos propos. Il s’agit d’une « Affaire d’État » souvent classée secret Défense comme par exemple l’assassinat de 3 femmes kurdes à Paris en 2013. 
En réponse à la tragédie de Suruç, plusieurs attentats contre des policiers et des gendarmes turcs furent perpétrés. La situation de la Turquie semble même s’aggraver avec l’apparition de batailles rangées dans les villes majoritairement kurdes du sud et du sud-est du pays contre les forces de l’ordre. 
Sur le plan de la politique extérieure, la duplicité d’Erdogan n’est plus à démontrer et seuls, ceux qui ne veulent pas le voir continuent à nier cette évidence. En effet, sous couvert de la lutte contre l’État Islamique, l’aviation turque bombarde régulièrement les zones tenues par les Kurdes en Irak. En s’attaquant ouvertement aux Kurdes, pourtant les seuls à s’opposer militairement et efficacement à EI, Erdogan prend le risque de déstabiliser son pays. Cette politique antikurde ressemble étrangement à celle menée par l’Empire Ottoman contre les minorités chrétiennes entre 1915 et 1922. Prenant prétexte que les Arméniens pourraient se révolter et se rallier à la Russie lors de la 1ère guerre mondiale, ils furent exterminés. D’ailleurs en mars 2014, dans une indifférence générale, des intégristes venus de Turquie prirent d’assaut la ville de Kessab, ville où les rescapés du génocide des Arméniens s’étaient installés après la déportation dans les années 1920 et où vivaient leurs descendants. La population avait fui Kessab pour éviter le massacre. Erdogan ne poursuit-il pas la même stratégie actuellement ? Le déclenchement des hostilités contre les Kurdes n’a-t-il pas aussi comme objectif de radicaliser et de terroriser la population turque pour obtenir une majorité confortable aux prochaines élections législatives anticipées ? 
Malheureusement, ouvrir la boite de Pandore n’est pas sans conséquence et à vouloir jouer avec le feu, on peut se brûler. Il ne faudrait pas, pour la population de la Turquie, que les manigances d’Erdogan débouchent sur une guerre civile d’une ampleur sans précédent. 
Nersès DURMAN-ARABYAN Paris août 2015

 

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